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Hiver et damnation 1 : la dépression saisonnière, comment ça marche ?

La même chanson, d’année en année. Les jours raccourcissent, le soleil s’incline et se dilue, le froid et la pluie nous confinent dans nos cocons, et le cerveau obscurci débloque, sombre et s’englue. Dépression saisonnière. SAD (Seasonal Affective Disorder). TAS (Trouble Affectif Saisonnier). Je vous en ai déjà parlé ça et .
Au fil des années, même si le phénomène est là, implacable, je me sens de plus en plus prête, armée pour le combattre. Entre fragiles de l’iris, on se refile nos astuces sous le manteau, on s’organise, on lutte, pour ne pas qu’octobre nous prenne. Alors ça vaut ce que ça vaut, ça se limite à ma petite expérience, mais c’est bête de ne pas partager plus largement.

La dépression saisonnière, ça n’est pas être un peu triste, un peu fatigué, un peu grognon parce qu’il fait tout moche et qu’on n’aime pas ça.
Ça n’est pas un manque d’énergie ou de volonté, c’est une dé-pre-ssion. Répète après moi, c’est important de commencer par le reconnaître. Et on relit ça, et on se prend au sérieux.

Malades mentales

Avant d’agir, essayons de comprendre. Cette dépression, elle vient de quoi ? De là ? Du blues ? Non pas du tout, elle vient du MANQUE DE LUMIERE.

Point théorie : Corrigez-moi si je dis des énormités, je ne demande que ça. (Pas d’être corrigée, non dis-donc, mais de mieux comprendre) (Mais quand je lis ce que je lis, je me dis que ça vaudra bien ce qu’on peut trouver sur doctissimo et autres. #BullshitIntégral)

D’après ce que j’ai compris et pour faire au plus simple :

Chaque jour, on produit différents neurotransmetteurs. Des molécules qui permettent et modulent le fonctionnement du cerveau. Les neurotransmetteurs sont nombreux, interdépendants, ils ont chacun une, des fonctions différentes, et sont produits en flux-tendu. Leurs niveaux s’ajustent constamment selon les besoins, les conditions, et selon un équilibre global complexe. (Ça c’est pour m’excuser de n’en avoir compris (et encore) qu’une toute petite partie)

Dans la dépression saisonnière (et tout court, d’ailleurs), on va s’intéresser principalement à la sérotonine. Elle joue sur l’humeur, l’agressivité, les idées suicidaires. Ou encore : thermorégulation, comportements alimentaires, libido, apprentissage, migraine… Et sommeil. Bref, une amie qui vous veut du bien.
Le savais-tu ? « Séro-tonine » vient de « sérum tonique ».
On comprendra donc aisément qu’un manque de sérotonine débouche sur un état pas très funky qui ressemble bien à une dépression.

Mais dans le cas de la dépression saisonnière, ça semble un peu plus pointu, et en lien avec cette histoire de sommeil.

À l’origine, il y a le tryptophane, un acide aminé fourni par l’alimentation.
En journée, le cerveau (en fait, l’intestin surtout mais ne chipotons pas) le prend et le transforme en sérotonine.
« Youpi-ya, farandole le cerveau, remets du bois, envoie du sérum tonique, on aime bien ça nous, être content ! »
Le soir venu, content mais fatigué, le cerveau a besoin de mélatonine pour s’endormir. La mélatonine c’est une hormone, mais ça fonctionne un peu comme un neuromédiateur. Et tu sais quoi ? L’organisme produit de la mélatonine À PARTIR DE LA SÉROTONINE !

Chaine NT

Le soir venu donc, à la chandelle, le cerveau capture la sérotonine qu’il a produite (enfin l’intestin, respect des auteurs bon sang), pour en faire, hocus pocus et enzymes, de la mélatonine. Bonne nuit les petits.
Au petit matin, reposé et taquiné par le premier rayon de soleil, il arrête de synthétiser la mélatonine, se fait un café et reprend activement la production de sérotonine. Youpi ya.

giphy

Nous, malfoutus de la saison, on loupe la marche. Je manque de sources, mais je crois que le bug est bien là. Faute d’intensité lumineuse suffisante, la machine ne s’arrête pas aussi net au petit matin, malgré le café bien serré. Le cerveau continue à grignoter quelques molécules toniques (dont on aurait bien besoin, putain, c’est le matin, il reste du café ?) et produit encore ses rejetons de mélatonine, qui ne nous aident pas des masses à émerger.
Ça traînasse un peu comme ça toute la journée, pas trop de séroto, un peu de mélato. On est fatigués sans avoir trop rien fait. Le soir arrive, mais entre la grisaille de l’après-midi et l’obscurité du soir, bah c’est pas très clair (lol). Alors on produit un peu plus de mélatonine (pompant encore un peu plus sur le stock de séroto déjà pas mirobolant, c’est l’heure où on se demande si la vie vaut encore un peu le coup ou pas trop trop). Est-ce qu’on dort super bien avec cette surdose d’hormone du sommeil ? Ben non, même pas tellement. Parce que l’organisme, continuellement baigné de ce somnifère naturel envahissant, manque d’un signal clair COUCOU C’EST LA NUIT. Alors on est fatigué, mais on dort tard, et plutôt mal. Alors le matin aussi on dort tard. Puisque la lumière n’est pas suffisante pour nous crier COUCOU C’EST LE MATIN, puisque tout ça est réellement épuisant et qu’on dort mal, le réveil est difficile.

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Retour 12 lignes plus tôt, ad vitam printenam.

Comment la lumière déclenche ça exactement, pourquoi chez nous il en faut plus ? Je ne sais pas exactement, et ça n’a pas l’air de passionner des foules de chercheurs. Il semblerait que dans nos beaux yeux foireux, des récepteurs spécifiques (autres que cônes ou bâtonnets) fassent mal leur travail, communiquent mal l’information COUCOU C’EST LE MATIN au cerveau.

Il y a aussi une horloge biologique interne responsable du nyctémaire, puisque même isolé dans le noir d’une grotte, l’humain correctement foutu continue à avoir des cycles veille-sommeil d’environ 24h. Pourquoi chez nous ça ne suffit pas, pffft, aucune idée.

Qui ?
Difficile à chiffrer, il ne me semble pas y avoir d’études ni de critères très fiables. 10-15 % de français pourraient avoir un coup de mou hivernal, et 2 % seraient en « vraie » dépression saisonnière.  Une majorité de femmes, les 3/4 peut-être. Pic d’atteinte entre 20 et 45 ans. Davantage de cas dans les pays nordiques, sauf en Islande, ce pays de mutants invincibles.

En plus des facteurs environnementaux (bienvenue en Lorraine), il y a sûrement des prédispositions génétiques.

Alors on fait quoi en attendant le printemps ? Laissez-moi vous exposer notre innovante méthode intitulée « comment traverser le tunnel en 3 volets ».

1) On corrige le tir : une supplémentation en lumière avant tout.

2) On apprivoise ses hauts et ses bas, on arrête de s’épuiser en lutte, on s’autorise.

3) On maximise ses chances avec plein de béquilles qui font du bien.

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One Comment

  1. La luminothérapie c’es très bien…
    Je pratique d’e novembre )à février, tous les jours,
    1/2 h au p’tit’dej (au moins), devant moi un GRAND panneau lumineux (sinon ça sert à rien).
    Je trouve que ça me donne du tonus !!

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