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Assistance sexuelle non merci : baisez-nous sans formation

Ca fait un petit moment que le sujet gronde dans le petit monde du handicap, et moi aussi je gronde dans mon coin, en entendant toutes ces conneries. Ces jours-ci le débat sur l’assistance sexuelle est relancé par le film « The sessions » qui vient de sortir (et ne va pas tarder à rentrer à mon avis), alors je crache ma Valda.

 

Comme à mon habitude, je ne suis pas d’accord avec plein de choses. Alors je vais commencer par ce qui nous met d’accord. Oui, il y a certainement un problème dans l’idée que se font les valides de notre sexualité. Non, ils n’en parlent pas, car ils ne pensent même pas qu’elle existe. Du coup, ils se contentent de nous caresser la joue avec pitié, plutôt que de nous draguer avec désir. On peut se demander pourquoi on arrive pas à décoller de cet apitoiement (merci le Téléthon), on peut essayer de foutre en l’air ce tabou, et leur expliquer manu militari la puissance de notre sex appeal. On peut aussi discuter des barrières, physiques et psychologiques, qui retiennent les handis d’aller draguer, eux, les personnes plus ouvertes (car il y en a, bien heureusement). Donc le débat n’est pas vain. Il est même très intéressant.

 

Par contre, ce projet d’assistance sexuelle me hérisse pour plusieurs raisons, je vais m’arrêter aux deux principales.

 

– Intellectuellement, je ne comprends pas comment on peut séparer cette question de celle de la prostitution. Faut pas jouer au con, des prestations sexuelles tarifées c’est quoi ?

Alors les valides peuvent aller en cachette chez des prostitués, certes, mais c’est interdit. Les handis semblent avoir plus de mal à trouver des prostitués disposés à les manipuler, ok. Mais en cherchant bien ça m’étonnerait que ça ne se trouve pas. Résultat, on demande de légaliser mais seulement pour les handis ? Sérieusement ? Parce que la misère sexuelle, pour un valide, c’est moins grave ?

Je suis plutôt pour la prostitution. Je ne la vois pas comme une absolue nécessité pour la société, mais je ne vois aucune raison de l’interdire du moment qu’elle est pratiquée de façon indépendante, volontaire, réfléchie, saine. Un cabinet de massage, ou un cabinet de sexe, n’ont-ils pas les mêmes but ? Soulagement du corps, des tensions, pour un peu de plaisir et de détente ? Bah, de quoi on se mêle ?

Dans ce cadre là, oui, bien sûr, je trouverais indispensable que les handicapés puissent accéder à ce service, bien sûr, pourquoi pas mettre en place des formations ou sensibilisations au handicap. Mais tant que la prostitution est interdite, je me battrai pour qu’elle le reste aussi pour nous.

Ah oui parce qu’en plus j’ai oublié de vous dire, mais dans l’assistance sexuelle prévoit d’exclure la pénétration de ses prestations. Genre on te chauffe bien et salut. Oui ben PARDON, mais moi si je fais appel à un escort boy c’est pas pour jouer à la dînette. J’ai même lu un assistant sexuel qui déclarait « Mais je les laisse JOUER avec mon pénis ». Et certains se battent pour accéder à ça, maaan dieu.

 

– L’autre chose qui me dérange profondément, c’est ce que va retenir le valide lambda de toute cette histoire. Quand je pense à ça, ça me fait plutôt honte, et je sais que je ne suis pas la seule à ressentir ça. Pas la honte d’avoir des désirs sexuels, bien sûr. Mais la honte qu’on puisse imaginer que ça serait la panacée pour nous.

Déjà, le valide lambda, bercé de charité chrétienne va se dire « Oh, je suis pas trop pour la prostitution, mais quand même les pauvres, ils n’ont déjà pas une vie facile, est-ce qu’on peut leur refuser ça ? Allez, on va faire un geste, ça leur mettra du baume au coeur ». Oui, je le connais pas mal le valide lambda, il dira ça. Et une fois qu’il aura dit ça, évidemment il ira se coucher avec sa bonne conscience, et ne se demandera toujours pas pourquoi il ne drague pas cette meuf en fauteuil méga bonne.

Ensuite le valide lambda, qui n’avait jamais même imaginé pouvoir coucher avec un(e) handi(e) découvre directement que « ouhlala, ça a l’air compliqué de toucher un corps handicapé, on risque de leur faire mal, de les casser, puisqu’il faut un formation spécifique pour ça ! »… Ah là forcément, ça va lui donner super envie de me draguer, au valide lambda. (oui, la meuf en fauteuil méga-bonne sus-citée, c’était potentiellement moi:-)) Alors ouvre tes écoutilles et regarde moi bien, valide lambda : Il n’y a absolument pas besoin de connaître la génétique pour me baiser, je te montrerai. C’est la seule chose que tu dois retenir de tout ce tintouin.

Et si les handis et leurs grosses assos dépensaient leur énergie à promouvoir ce message, plutôt que l’établissement d’un « service sexuel adapté », ben CA, ça ferait avancer le schmilblik. Parce que là, si ce projet passe, pour une poignée d’handis soulagés sexuellement (enfin à moitié, je le rappelle), c’est des millions d’handis qui devront lutter encore plus fort contre les préjugés qui auront été renforcés par ce « privilège ».

 

Voilà. Merci d’essayer de nous aider, mais on va vous apprendre à mieux nous aider, bisous.

 

Published inHandivagations

73 Comments

  1. Ben Ben

    Je n’avais pas encore trouvé exactement ce qui m’embetais dans ce débat. D’un point de vue purement « égoïste » à court terme, j’etais assez naturellement pour, mais il y avais un truc qui me chiffonnais quand même Et tu as réussi à exprimer ce que je ressentais. Comme quoi tu devrais être élu présidente lol 😉

    • Ok mais seulement présidentes des meufs en fauteuil méga-bonnes alors. ^^

    • Graitispromihi Graitispromihi

      Je rejoins ce que dit Ben, quelque chose me dérangeait dans ce projet sans pouvoir dire quoi !
      Je partage de suite !

    • Georgette Georgette

      ça me permet de mieux réfléchir, merci pour cette argumentation… j’ai vécu 15 ans en concubinage, unijambiste (ça se voyait) , et mon ex ne supportait pas que je sois obligée d’avoir un fauteuil roulant » t’es handicapée…tu vas finir dans un fauteuil roulant ! »… oups !
      M’aura -t-il vraiment aimée ? je ne sais…
      Il aura apprécié mon fric (salariée)sans doute, pour payer les charges par deux !
      Oui je suis en fauteuil roulant, plus d’amplitude de déplacement qu’avant; et peut-être plus active que lui ?!
      Pour les relations sexuelles … j’ai fait pour le mieux, mais comme chez les valides = tout n’est pas parfait tout le temps ! Geo

  2. A A

    Pas simple. Plutôt d’accord, sans vouloir priver quiconque de ce qu’il estime primordial à son épanouissement (« si tu ne fais pas l’amour une fois par X, tu es déséquilibré » (ah ?)). Une chose est sûre : j’ai une sainte horreur de tous ces films, tristes ou gais, dont le thème central est LE HANDICAP. Cela se vend. Pouah.

    • En effet, voir un handi apparaître dans un film sans trop de rapport me fait infiniment plus plaisir que ces films qui prennent le handicap comme PROBLEME de base !…

      • Ben Ben

        J’ai par exemple pas aimé Hasta la vista. Dans ce film, qui a le mérite de poser des bonnes questions, Les handi sont completement infantilisés. C’est des gamins. C’est dommage.

        • Je l’ai depuis plusieurs mois, mais je n’ai pas encore osé le regarder, je SAIS que je vais détester, j’ai gardé un tellement mauvais souvenir de « nationale 7″… :-/

          • Le seul film que j’ai trouvé totalement génial sur le handicap c’est Action Mutante de Alex de la Iglésia ! C’est l’histoire totalement barrée de terroristes handis qui font sauter des salles de sport ! A voir absolument ;).

          • Ah ouiii, je ne l’ai pas encore vu mais merci de me le rappeler ! :-)
            Ca me fait penser à « l’art de la pensée négative », ou des handis envoient valser le groupe de soutien gnangnan qu’on leur sert. Pas un film immense mais il m’a bien fait marrer :-)

          • In_love_de_ma_voisine_mais_elle_le_sait_pas In_love_de_ma_voisine_mais_elle_le_sait_pas

            OMG Trop génial comme sujet. J’ai toujours pensé qu’il faudrait faire un groupe secret qui bétonne des rampes devant tous les commerces accessibles d’une rue en une nuit 😛 On a le droit de rêver 😉

  3. Catz Catz

    coucou toi
    je me demandais justement ta position sur la question (69, levrette… :p )
    Moi j’ai pas trop d’avis sur la question, j’attendais d’avoir les points de vue de personnes concernées.
    Comme toujours quand on est pas « a la place de  » on s’en fout ou on est maladroit ou on pense bien faire.
    gros bisous !

    • Je peux plus dire levrette sans penser à Claire, je suis sûre qu’elle adorerait laisser ce genre de traces, jusqu’au coeur de nos vies sexuelles, huhu ^^
      Je t’oublie pas, malgré les apparences très trompeuses hein ! :-S
      Bisous

      • Catz Catz

        n’aies pas peur en tout cas de te prendre une seconde claque avec moi, je suis du genre stable et coriace (et potelée, ça aide)
        bisous Céline :)

      • Tiens, je vois que je ne suis pas toute seule (et je ne peux plus voir ou lire ou entendre le mot « missionnaire », même et surtout hors de tout contexte sexuel, sans penser « levrette »). Et c’est grâce à qui ? (sourire ému)

        Merci pour ce texte. On se demande souvent quand on pense quelque chose (ici, c’était pour moi l’hypocrisie du truc) au sujet de ce qui ne nous concerne pas directement, si l’on n’est pas en train de se mettre sauvagement « à la place de » mais en ayant en fait tout faux. Je me rends compte qu’effectivement c’était bien ça et quelques autres trucs auxquels je n’avais pas pensés. Me sens moins bête, soudain.

  4. Ben Ben

    J’ai juste peur que ton billet soit repris comme argument par certains qui n’ont pas tout compris. Je pense notamment que la prostitution devrait être autorisée et j’pense qu’il faut le dire plus fort, et dans ce cas éventuellement prévoir des structures particulières.

    • Bah qu’ils reprennent si ils veulent, je pense avoir été assez claire…

  5. jeanfou jeanfou

    Encore un cool billet! Je suis d’accord avec l’essentiel.

    Complètement d’accord pour qu’on arrête de créer des « services adaptés » dans tous les sens qui ne font que créer de la stigmatisation. Cf les concerts où on met toutes les personnes en fauteuil sur une plateformes entourées de gardes-fous.

    Après je trouve quand même que la question des assistants sexuels est une bonne façon de poser la question de la légalisation de la prostitution qui est visiblement difficile à aborder de façon frontale (Cf les lettres des « mamans de st Epvre ») puisque je pense comme toi que ce n’est qu’une seule et même question. Il serait temps de reconnaître et de pouvoir « protéger » les prostitué(e)s même si j’ai bien conscience que ce que j’écris par d’un postulat « bien pensant » et que 1/ je n’ai aucune idée des proportions de gens qui le font de leur plein gré ou pas, 2/ que les prostitué(e)s sans papiers n’ont peut être pas envie qu’on les aide…J’en sais rien.

    Il y a aussi la question des gens qui vivent en institution depuis toujours ou presque et qui sont privés de pas mal de libertés : soit de façon directe parce qu’on les laisserait pas aller voir une prostituée, soit parce que vivre dans un espace qui gère 100% de ta vie peut avoir des conséquences sur la personne que tu deviens et ses aspirations. Du coup, poser la question sous un angle thérapeutique (bien que ce soit relativement débile je suis d’accord) est peut être une façon d’ouvrir ses endroits là à la sexualité. Mais c’est pas quelque chose que j’associe aux handis, pour moi le raisonnement vaut aussi pour les prisons ou autre institution totalitaire (au sens ou elle gère 100% de ta vie)

    [Passage où je pose des panneaux] C’est my two cents du samedi après-midi, c’est écrit sans doute sans avoir suffisamment réfléchi. Je parle de trucs que je ne connais que de loin parce que NYD (not yet disabled) comme disent les anglais, parce que ne connaissant pas le milieu de la prostitution, etc… Mais en même temps si il n’y a que les insiders qui peuvent parler d’un sujet…Je vais pouvoir parler que de moi…ce que je fais déjà pas mal en fait ! [/Passage où je pose des panneaux]

    • Entièrement d’accord avec toi, ça pourrait être une base de réflexion super intéressante pour débattre de la prostitution, je serais vraiment pour dans ce cas. Malheureusement, les « militants » ont du reculer devant l’ampleur du débat, un peu perdu d’avance, certes, et ont décidé de ne s’occuper que de leur petits culs handicapés… Comme toi, mon avis n’est pas très « compétent », mais le sujet me semble mériter qu’on s’y intéresse, c’est trop facile de fermer les yeux, ne pas interdire sans pour autant permettre…

      Sinon tu as tout à fait raison sur les institutions, c’est une situation où je peux comprendre le besoin éventuel de ces assistants. Mais je préfère m’intéresser au problème en amont, et supprimer tous ces foyers mouroirs qui n’ont pas lieu d’être, sous cette forme fermée au monde en tous cas…
      Délicate question que celle des prisons également, ouais…

      Et sinon je connaissais pas l’expression NYD, j’ai horreur des paraphrases pour ne pas dire handicapés (« en situation de… » « autrement capable/valide » (!) ) mais là j’aime beaucoup ! ^^

      • Laurent Laurent

        Bonjour à tous ceux et celles qui me liront et à Céline en particulier :-),

        Et bien ! On peut dire que c’est un cri de guerre 😉 !!!
        On voit que tu le vis au quotidien.
        J’ai moi-même (je précise que je suis valide et sans handicap) essayé de mettre en contact un ami aphasique (accident de la route) pour qu’il est une relation sexuelle avec une call girl. Mais ça n’a pas marché pour lui.
        Il n’en a pas voulu. Il a surtout perdu confiance.

        Je me suis un petit peu renseigné au travers d’internet et aux émissions TV, + le tragique destin de mon ami, je me suis décidé à apporter mon aide pour devenir assistant sexuelle (hommes ou femmes).
        Ah ! On va me dire. « En voilà un qui est en manque ».
        J’ai dialogué l’année dernière avec une personne ayant un handicap dit (léger). Elle m’a compté que ce n’est pas si facile qu’on le croit de devenir assistant sexuel.
        Pourtant, je me sens prêt et motivé :-).
        Je précise que je suis marié et père de 2 enfants et tout va bien sexuellement. Merci :-)

        A ce jour, mon seul et unique problème, c’est de déposer une annonce qui sera lu par les personnes intéressés. Car sur internet, beaucoup de sites font du profit sur les Handicapés (je m’en suis aperçu :-( ) et avec très peu de réussite au final :-(.
        Alors, ma question :

        Ou me proposer?
        Et comment rentrer en contact avec les personnes handis qui pourraient être intéressés?
        Merci pour vos réponses :-)
        Laurent

        • Bonjour Laurent,

          contacte moi sur médiapart si tu veux, que nous fassions connaissance pour éventuellement collaborer dans cette humaniste entreprise :-)

          • Laurent Laurent

            Bonjour Julien,
            Je ne suis pas utilisateur de Médiapart et je ne compte pas le devenir.
            Je préfère te répondre par courriel si cela ne te dérange pas trop.
            Au plaisir de dialoguer avec toi
            Laurent

          • Julien Delalande Julien Delalande

            Bonjour Laurent,
            voici mon mel ind1ju à free point fr

  6. Rhaaaaaaaaa putain Céline, toi je t’adore!!!!! Tu le sais dis? Hein tu le sais? Et même, j’vais te dire, si j’étais pas mariée et hétéro, j’aurais grave essayé de de te mettre dans mon pieu… Mais bon… T’es hétéro… C’est con… Mais si tu changes d’avis… Et si je change aussi d’avis… Et si je divorce… ben on s’fait une touffe? :-)

  7. Petite précision : la prostitution, en soi, n’est pas interdite en France (contrairement, par exemple, aux USA), mais tout le reste l’est : racolage, proxénétisme (dont la définition est assez large : si vous louez un appartement à quelqu’un qui s’y prostitue, vous êtes proxénète, si vous aidez un(e) prostitué(e) à bâtir son site internet, vous êtes proxénète, si vous vivez avec un(e) prostitué(e) en partageant le loyer, vous êtes proxénète, etc…). Tout est fait pour empêcher les prostitués d’exercer leur activité, sans qu’elle soit par contre illégale.

    • Oui c’est vrai… Je crois qu’au final, cette hypocrisie est presque pire qu’une vraie interdiction, non ?

      • Laurent Laurent

        Ca fait beaucoup de « Si » ça Babeth, non?
        Bonne journée
        Lolo

  8. Super article ! Enfin une voix discordante dans ce discours pro-assistance remplis de bénis-oui-oui prêts à nous ranger dans une « sexualité adaptée ». Bon en tant qu’abolitionniste je suis pas franchement d’accord avec ce que tu dis de la prostitution mais l’essentiel de ton message n’est pas là ! Et pour le reste j’abonde carrément avec toi et ça colle nickel avec ce que j’en pense ( ce qui est rassurant me sens achement moins seul d’un coup :D). Ah et je peux mettre un lien de ton blog sur le mien ?
    Peace.

    • Bien sûr, mon propos c’est plutôt « pas de traitement spécial », oui pour tous, ou non pour tous…
      Pas de souci pour le lien, bien sûr, c’est quoi ton blog ?

  9. Kahlan Kahlan

    Je croyais que cette histoire d’assistance sexuelle c’était pour les couples handicapés tout deux et ne pouvant pas physiquement faire certains gestes, sans l’assistance d’une tierce personne. Genre la pénétration, qu’il faut « mettre en route » d’une façon ou d’une autre… et ce qui me gênait là dedans c’est tout simplement la tierce personne entre deux êtres qui ont envie l’un de l’autre. C’est pas ça du tout ? APrès, si c’est pas du tout ça, je vois pas ce qui gêne dans le fait de payer un(e) prostitué(e)…

    • Ca peut faire partie de leurs attributions, mais je crois que c’est très minoritaire.
      Et sinon, apparemment les prostitués refusent souvent de prendre les handis…

      • Alice Alice

        Oui et il y a surtout un énorme biais de genre! Pour les femmes handicapées qui auraient envie d’avoir des rapports sexuels et ne trouveraient pas de partenaire, qu’elles demandent à/aillent voir des prostitués est impensable dans notre société aujourd’hui. Ce débat sur l’assistance sexuelle a le mérite de porter la voix de femmes qui parlent sans tabou de leurs envies et désirs sexuels.

        • Laurent Laurent

          Bonjour,
          Je partage cette dernière analyse!
          Pour ma part je suis un homme valide qui propose mon assistance ou accompagnement, mais pas facile de se faire reconnaître comme assistant ou accompagnant sexuel pour Handi, sans soulever des interrogations ?
          Bonne journée
          Lolo

  10. In_love_de_ma_voisine_mais_elle_le_sait_pas In_love_de_ma_voisine_mais_elle_le_sait_pas

    Merci à toi de poser ces mots sur une opinion qui est aussi partagée par de nombreuses personnes, mais qui ne fait pas l’objet d’un battage médiatique.
    Le réel problème me semble bien plus situé dans la question de l’image à soi de la personne handicapée, et dans le travers psychologique causé par le handicap.
    Un accompagnement ? Oui, un accompagnement psychologique d’abord. Dans une société on l’on est en permanence baigné dans cette recherche de la perfection, l’handicapé avec sa différence ne peut qu’encore plus se sentir rabaissé !

    Mon expérience personnelle à l’heure actuelle est la suivante : des années de tergiversations à se demander à chaque fois un peu plus si mes espoirs d’une relation avec telle demoiselle ne se sont pas effondrés à cause du handicap.
    Pourtant avec plus de maturité, de travail sur soi, et du recul, je me suis rendu compte que j’avais des hormones et une inexpérience dans les relations qui m’ont fait commettre plein de maladresses aussi stupides qu’apporteuses de leçons.

    Mais au fait, revenons en a la simple question de relations humaines : en 2013, comment une relation est elle susceptible de naitre entre deux personnes ?
    Simplement, en croisant régulièrement ce mec ou cette fille, avec qui vous finissez par sympathiser au fil des occasions qui se présentent par le plus pur des hasards. A force de brassages de dizaines d’individus, on fini par tomber sur celui ou celle qui accroche le cœur ! Les deux cercles les plus importants de rencontres sont :
    – Un cercle professionnel : la grande majorité des personnes handicapées sont éloignées du milieu professionnel. Pas de brassages de gens par là.
    – Ou un cercle amical se construit et se développe souvent lors de soirées chez les uns, chez les autres. Vous allez chez un ami qui a invité d’autres amis que vous ne connaissiez pas. Vous rencontrez à nouveau d’autres amis d’amis à une autre soirée 10 jours plus tard. Et ainsi de suite… Au fil des mois vous aurez brassé probablement une bonne cinquantaine de personnes si ce n’est plus.
    Ah oui, merde, un détail ; avec un handicap lourd, vous pouvez éliminer d’office 95% de ces personnes que vous auriez rencontré(e) lors de ces soirées. Ben oui, petit souci logistique, la plupart des lieux privés (apparts) des amis (et des amis des amis) ne sont pas accessibles à votre fauteuil roulant. On ne veut pas vous blesser, vous n’êtes pas invités, ou vos amis se montrent discrets avec vous pour ne pas trop vous renvoyer à la gueule l’exclusion qui est la vôtre.
    Faites l’expérience de chercher un appart avec pour critère éliminatoire « accessible » (ndlr : portes assez larges, sans marches, et ascenseur)… Voila, vous venez de perdre 95% des logements du marché.

    Alors, j’ai tendance à penser que vous ne baisez pas surtout parce que vous rencontrez un moins grand nombre de personnes. Pour le coup, le handicap vous aura bien baisé la gueule !

    Reprenez confiance en vous ! Sortez autant que possible, ne loupez pas les occasions qui se présentent. Impliquez-vous dans le milieu associatif hors handicap. Organisez des soirées chez vous.

    Comptez sur votre personnalité. N’attendez pas une loi pour l’assistance sexuelle pour y arriver.

    • Rien à redire Sidney, je ne pouvais pas tout développer dans cet article, mais j’approuve totalement ta démonstration :-)

      • Bonjour,

        Merci pour ce billet, qui une fois de plus a le mérite d’être très clair.
        J’ai été assez étonné par la teneur de ce débat, et l’argument du « droit à la sexualité » : drôle de concept, est-ce un droit ? Si la majorité des personnes souhaitent une sexualité (n’oublions pas qu’il existe des gens asexuels), doit-elle pour autant être « défendue » dans les textes de loi, et comment ?
        Je suis plutôt d’accord avec le « tout ou rien », de se poser des vrais questions sur la prostitution (certains pays la reconnaissent comme une profession à part entière), sur les maisons closes, etc. plutôt que de créer des assistantes sexuelles pour les handicapés, et puis pourquoi pas pour les gros, et pour ceux qui ont des boutons, et pour les timides … Ça me semble tourner autour du pot.
        Cordialement.

        • Oui cette façon de revendiquer un « droit » me gêne beaucoup aussi :-(

  11. Ashem Ashem

    Damned, vu que le truc de commentaires me proposait de mettre mon site j’pensais que tu y avais accès! l’adresse c’est http://handi-capable.eu.org.

    • Ah mais oui pardon, c’est juste moi qui n’ai pas les yeux en face des trous !!

  12. Bonsoir,

    J’ai publié il y a 2 ans un article qui posait la question du caractère sexuel (et de son lien avec la prostitution) de l’assistance sexuelle, suite à des échanges avec Marcel Nuss. Il est intitulé « L’assistance sexuelle n’a pas à rougir d’être sexuelle, et autres arguments » (http://www.amouretsexualite.com/index.php?option=com_content&view=article&id=77%3Alassistance-sexuelle-na-pas-a-rougir-detre-sexuelle-et-autres-arguments&catid=55%3Aau-fil-de-lactualite&Itemid=73&lang=fr). Je me suis permis, à la fin de celui-ci, d’ajouter un lien vers votre article.

  13. Bravo pour votre franchise, appeler un chat, un chat est jubilatoire :-)

    Cherchons ensemble comment surmonter nos tabous & hypocrisies réciproques.
    La confiance, l’écoute, le dialogue sincère entre tous, devraient nous aider à trouver des solutions adaptées.
    En tout cas, l’idéal serait d’avoir un droit commun pour tous, indépendant de nos différences, quelles qu’elles soient.

    Il se trouve que de nombreux handicapés, mais aussi des personnes âgées réclament des solutions.
    Déjà, empêchons Mme la ministre de supprimer la prostitution, ce qui serait une grosse bêtise irréaliste, une sorte de sensiblerie mal placée :-(

    Ensuite, développons un accompagnement généraliste indépendant qui peut déjà beaucoup apporter par la parole et d’autres vecteurs comme les massages, les animaux… tout ce qui amène l’expression de la sensualité, la recherche d’un partenaire sexuel, amical ou amoureux par la médiation.

    Enfin, pour ceux qui sont prêts comme vous et moi, expérimentons avec courage et sincérité des solutions. La condition pour avancer est d’en parler. Et de sortir de sa bulle ou de son bocal !
    La proposition d’assistance sexuelle a au moins ce mérite…

  14. Ah Céline, comme le dit Ben, tu mets en lumière ce qui me chiffonnait là dedans. Merci de me faire avancer dans ma réflexion.

    • Etant entourée de gens (pour ou contre) qui en parlent pas mal, j’ai été forcément amenée à avoir un avis plus précis… Ravie si ça peut servir :-)

  15. Peut-être cette réforme est-elle quand même utile pour les personnes polyhandicapées ou handicapées mentales qui ont besoin d’un accompagnement physique de personnes formées. Je suis éduc spé auprès d’ado handicapés mentaux, et pour eux, la question de la sexualité est parfois envahissante, sans qu’ils arrivent à trouver comment la gérer. Quelqu’un qui pourrait les accompagner et qui en ferait son métier après une formation serait bien mieux que la situation actuelle, où ce sont leurs parents qui s’en occupent. Mais là où je te rejoins, c’est que la société a grand besoin d’améliorer son regard sur le handicap.

    • Oui, je suis bien d’accord, la question du handicap mentale doit se poser. Je n’y connais vraiment pas grand chose, mais ça me semble important, dans la mesure où ils n’ont pas la parole facile comme nous pour décrire leurs spécificités…

    • Gaby Gaby

      Les personnes handicapées mentales ne sont juridiquement pas en mesure d’exprimer un consentement. Si on fait appel à qqn pour eux dans le domaine sexuel, légalement on peut se retourner contre cette personne pour « abus faiblesse sur personne vulnérable » ou « viol ».

      • mais en suisse et en allemagne, des personnes handicapées mentales sont accompagnées par des assistant(e)s sexuel(le)s et cela en toute légalité.

      • moi moi

        tu a des personnes handicapées mentales qui sont autonome et non sous tutelle !!

  16. @ In_love_de_ma_voisine_mais_elle_le_sait_pas : déjà tenté un groupe qui bousillait à la massue la nuit les marches des lieux publics inaccess’, même pas sur un coup de tête mais avec des équipes coordonnées, un tract explicatif de collé, bla-bla-bla… ça c’est fini avec la BAC. :)

    z

  17. Gaby Gaby

    On ne se connait pas, mais comme toi, je suis une meuf en fauteuil^^

    Je partage entièrement ton opinion, d’ailleurs j’étais en train de rédiger la mienne.

    Moi, dans ce débat, ce qui me gave, c’est l’hypocrisie quelle soit politique, associative ou sociétales:
    Pour ces pauvres handis, on accepterait un service sexuel tarifé? Et après les valides auront envie de passer sous une bagnole, parce qu’il estimeront que les handis ont de la chance… Moi, je ne veux pas de ce service, je veux être traitée comme tout le monde et il faut avoir un prostitué sans formation, tant mieux! nos corps sont pas en sucre!

  18. Salut célinextenso, je comprends ton coup de gueule.

    Je pense qu’il faut pas faire attention au regard du valide lambda (imaginé) pour prendre des décisions. Si les infirmes/handi/name it devaient attendre la fin de la charité chrétienne pour imposer une autre image d’eux-même, on serait pas dans la merde…
    Qu’est-ce qu’on s’en fout des on-dits. Dans 10 ans ils seront bien oubliés, et les choses auront avancés, c’est tout ce qui compte.

    En ce qui concerne la fragilité, chez certain elle est importante, on peut pas la balayer (la réalité) d’un revers de pensée.
    Même si ce réflexe de balayait la réalité est pour moi un espèce de retour pervers de ce que les handi ont vécus, à savoir être moins existant, ou réel que les valides car dévalorisés par ces derniers.

    Sinon j’aime bien ton attitude c’est cool.
    À la prochaine

  19. Archiflou Archiflou

    Quels ébats! Euh… Quel débat!

    Voilà, c’était juste histoire de caser ce piètre jeu de mot!
    Et alimenter la discussion?… Fiou très sensible comme sujet. Et intimidant. Alors bof…

  20. Salut,
    je découvre ton site, par cet article en plus, je commence bien 😉
    En fait je pense que comme à chaque fois que le gouvernement cherche à s’occuper de ce qui se passe sous la ceinture de ses concitoyens, ça tourne à la cata… Y’a qu’à voir l’efficacité de toutes ces lois sur la prostitution (et celles à venir) censées protéger les femmes, qui au final n’aboutissent qu’à les faire travailler par -10° sur le trottoir dans des conditions minables… Bref, la vraie solution serait que notre cher gouvernement se mèle de ce qui le regarde, et ce pour tout le monde !
    Sinon, pour répondre à ta question « pourquoi il ne drague pas cette meuf en fauteuil méga bonne », ayant croisé plusieurs fois une meuf en fauteuil méga bonne à 2 immeubles de chez moi (qui sait, c’est peut être toi ? ;)), je n’ai jamais pu l’aborder pour la simple et bonne raison qu’à chaque fois que je la croise c’est quand elle monte dans son « taxi », et que le monsieur à l’air pressé à côté est un peu tue l’amour :'(
    En tous cas, merci bien pour le ton de ton blog que je continuerais à lire avec plaisir !

    • Hé merde, c’était pas moi ! Moi j’ai mon propre véhicule, t’aurais pu me proposer un coup de main en mécanique et hop, l’affaire eût été dans le sac ! 😉

      • Zig Zig

        Mais enfin nerick un peu de cran mon gars, si juste un taximan tue l’amour bah tu vas en trouver des mitraillettes de tue-l’amour à chaque occasion… :)
        Vas donc lui dire que tu la trouves belle, ça prend [attends je compte] 5 secondes dans ta journée.
        Le Comité De La Simplicité décline ta « simple et bonne raison ».

        z

  21. manu manu

    BRAVO !

  22. Béa Béa

    Heu… moi c’est le handicap psychique qui me trouble, c’est grave docteur ?

    • Heu… Qu’est ce qu’est le « handicap psychique » pour vous pour le distinguer des autres handicaps ? Comment vous trouble-t-il : de l’intérieur vécu de longue date ou de l’extérieur via idées-reçues ? Et d’ailleurs quel trouble : les sexualités ne sont-elles pas initialement troublantes ? Le mythe du « handi psychique » qui ne saurait pas se contrôler dans ses ‘pulsions’ : n’y a-t-il pas foule de valides qui ont du mal à contrôler leurs pulsions sexuelles ?! Ou bien le mythe du « handi psychique » infantilé qui est inapte à prendre conscience de sa libido : n’est-ce pas en la vivant sa libido qu’on accède de mieux en mieux à des points de conscience ?
      Votre trouble me trouble. :)
      Éclaircissements bienvenus.

      z

      • Béa Béa

        Bonjour Zig et merci pour toutes vos questions et vos hypothèses ! Et le trouble du trouble est joli… Le handicap psychique, c’est ce qu’on rattache communément à la folie, qu’on la voie ou non. En le nommant, je ne cherchais pas à le distinguer des autres situations de handicap,surtout pas, car ces personnes sont suffisamment stigmatisées et déshumanisées comme ça…
        Je voulais parler de moi et de ce que me fait le handicap psychique, et aussi peut-être le faire apparaître dans cette discussion géniale où on peut dire beaucoup de choses.
        Alors comment me trouble-t-il et quel est ce trouble ?
        Ce n’est ni un trouble interne-vécu, ni externe-perçu, mais plutôt un trouble lié au questionnement de ma personne, de la personne humaine, et de ce qui se passe entre nous tous. Et ça, c’est super excitant !!

  23. Étienne Étienne

    J’ai 22 ans, valide, et tout à fait d’accord avec toi.

  24. Merci pour votre article, j’aime beaucoup votre manière d’appréhender les choses.
    Amicalement
    Emilie

  25. Mati Mati

    Merci Celinextenso,

    Je suis on va dire le valide lambda dans l’histoire. Je lis et me renseigne en ce moment sur l’assistance sexuelle car je comptais me « former » 😉
    En effet je comprends ta position et cela me fait réfléchir. Mais je voulais apporter ma vision de valide lambda dans ma démarche.
    Pour moi au départ il y a l’envie de partager qqchose de fort, d’humain et tout cela sans argent dans la balance (pour deja rayer le coté prostitution).
    Ensuite pour moi il y a un vrai échange, un moment sensuel partagé qui permet aux 2 personnes de se découvrir. Je pense que cela peut apporter autant aux 2, sur la découverte du corps, sur assumer son corps, sur ses défauts, ses envies… et la je parle de moi aussi.
    Mais maintenant ta vision me fait réfléchir…

    • Zig Zig

      Bonsoir Mati,
      cette question me vient suivant votre propos : alors pourquoi chercher spécifiquement des personnes handies ? Puisque les découvertes éro montiques que vous recherchez peuvent s’adresser à n’importe quel être humain (puisque notamment vous référer à l’ « humain »).
      En rien un-e partenaire handi-e est spécialement sensationnel-le, il y a de très mauvais ‘coups’ comme partout. Pourquoi sectoriser vos recherches ?

      z

  26. Sabine Sabine

    Merci j’ai adoré ce texte.

  27. Nafou62 Nafou62

    Haha super drôle, merci pour ce billet d’humeur 😀

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