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Mois : mars 2016

Les erreurs de Sophie

On a tous de bonnes raisons d’aimer Manuela (tous, sauf peut-être Sophie).

Mais j’ai déjà dit tout le bien que je pensais de cette meuf ici et je ne voudrais pas faire sa nécro avant l’heure, paraît que ça porte malheur, hin hin hin. (Tu peux me dire pourquoi j’ai que des copines qui refusent de pleurnicher et qui exigent de continuer à se marrer quand l’heure est grave ? Ah oui. Love you girlz.)

Oui parce que l’heure est un peu grave, on ne se le cache pas, comme y avait plus de seins à manger, Carlo le carcinome est parti bouffer son cerveau. Ça lui est monté à la tête, quoi. Oui enfin il paraît hein, parce que vu d’ici il n’a rien perdu sa superbe, ce petit cador impertinent.

La première erreur de Sophie est donc de s’attaquer à Ma dans ce contexte.

Résumé des événements, que vous lirez mieux ailleurs :

– Le 21 mai 2015, Ma écrit un article énervé mais judicieux sur le pinkwashing des courses « roses » contre le cancer du sein, en prenant en exemple l’association « Courir pour elles », soulignant qu’il est regrettable que les comptes ne soient pas publics.

– La présidente, Sophie Moreau, apprécie moyen le clin d’oeil. Alors elle contacte Manuela, échange un peu avec elle et lui prouve que la gestion de l’asso est transparente et les fonds bien utilisés. Ah non pardon ! J’ai confondu avec un monde parfait ! Dans la vraie vie Sophie n’a pas contacté Ma, elle a juste payé un avocat pour demander la fermeture du blog de Ma. Mais oui madame, fuck.

– La semaine dernière, Manuela reçoit une convocation et doit comparaître pour diffamation. Devine ce qu’elle leur dit ? Mais oui monsieur, FUCK.

C’était vraiment pas le moment, Sophie.

Manuela n’a plus rien à perdre, elle ne sera plus là d’ici le procès.

Alors elle se fait plaisir et leur écrit un dernier fuck. Elle économise bien sûr son énergie restante pour les derniers au revoirs, les derniers moments partagés, pour sa famille et ses amis, loin des réseaux. Mais je crois que ce dernier fuck lui cause plus de jubilation que de colère, alors pourquoi s’en priver.

C’était une grosse erreur, Sophie, parce qu’on est un peu démunis, parce qu’on crève de chagrin de ne pas pouvoir aider Ma, et tu nous fournis des munitions en or.

Ma a écrit cet article dimanche matin (à 5h du mat, on ne la changera pas).

Raz de marrée depuis, on relaye, sur twitter on inonde le compte @CpourL, sur Facebook la page Courir pour elles (oui je vous file les liens intentionnellement, n’hésitez-pas à aller leur demander des comptes poliment) (Vous pouvez aussi aller les voir au salon du running ce week-end, stand 221, poliment hein ? 0:-)). On est jeudi, et PAS UNE REACTION.

Aujourd’hui des articles sur Libé, rue89, un communiqué de Romain Blanchier, ça commence à se voir mais non, PAS UNE REACTION. Juste un CM paniqué qui supprime nos commentaires questionnants au fur et à mesure.

Sophie

Sophie a trop de malheurs, alors elle boude.

Deuxième erreur Sophie, peut-être la plus grosse. Ça s’appelle un bad buzz et ça ne se guérit pas en rentrant la tête dans les épaules. Ça se guérit avec un peu de dignité, si tu vois encore un peu ce que c’est.

La dignité c’est quand une asso qui vit de subventions publiques, privées, et de dons de citoyens n’attend pas d’y être contrainte légalement pour rendre ses comptes publics, en toute transparence.

La dignité c’est quand une asso qui dit lutter pour Elles ne traîne pas l’une d’Elles devant la justice, quand elle essaye de vivre au mieux ses dernières journées.

La dignité c’est de savoir dire « Oh. On a peut-être merdé. On va y réfléchir et corriger le tir. Pardon. » Je t’assure Sophie, ça rend digne et ça grandit, alors que ce lourd silence te rend très, très petite.

Ne traîne pas Sophie, retrait de la plainte, publication des comptes, c’est sans autre issue. Et ne compte pas sur la mort de Ma pour un retour au calme, parce qu’on sera là pour dire fuck, nous aussi. Ami si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place, tu connais la chanson.

C’est quoi la case qui manque à l’être humain pour savoir se remettre en question ?

Dans la même veine, qu’est-ce qui empêche le gouvernement de dire « Ok on a merdé sur ça (et ça, et ça, et ça, et… fuck. -_-), on n’aurait pas dû ». Qu’est-ce qui a empêché le gars du tartine-gate de dire « Oups, vous avez l’air unanimes et fâchés, je vais réfléchir à changer de nom » ?

Mais aussi, loin des bad buzz publics, qu’est-ce qui nous fait crier si souvent par réflexe au quotidien « Non même pas vrai j’suis pas sexiste/raciste/privilégié/validiste/transphobe/de-droite, t’as rien compris et t’es trop méchant de me dire ça ! »

Écoute & remise en question ont tué beaucoup moins de gens que le cancer hein.

Edit : vendredi, 1er avril, Sophie se fend enfin d’un communiqué. Publication des comptes + retrait de la plainte, hé ben voilà. :-) On va suivre les suites de près, bien évidemment.

Et puis l’année d’après, je recommencerai.

Salut.

Je vous ai manqué ?

Non parce que moi, vous m’avez pas trop manqué, finalement.

Pour ceux qui n’avaient pas remarqué (je note soigneusement les noms qu’est-ce que vous croyez, je vous VOIS et je vous juge négativement.), mon blog était dans les choux depuis un mois et ne voulait plus en sortir.  Une mise à jour que je procrastinais depuis quelques années, parce que je la croyais au dessus de mes forces. Et puis finalement je me suis lancée hop, en 5 minutes c’était plié. Ivre de ce succès, j’ai peut-être un peu pêché par excès de zèle, et je me suis mise à peaufiner le truc jusqu’à commettre l’irréparable.

Evil

Ou presque, CQFD.

Des fois la procrastination c’est bien.

J’avais bien sûr fait une sauvegarde du tout, mais plus moyen de la remettre en ligne. Je vais vous épargner les croustillants détails techniques (oh oui bien sûr je comprends votre douloureuse déception), mais j’ai passé un moment très ludique et rebondissant. Ah, donc il faudrait que je… Oui mais pour ça il faut déjà… À condition bien sûr d’avoir au préalable… Ah oui mais ça nécessite impérativement… et seulement un soir de pleine lune, ça va sans dire. J’ai appris PLEIN de choses, je m’en suis sortie. Même si depuis j’ai déjà TOUT oublié. -_-

Pendant ce temps là, la vie a charrié pas mal de choses. Ohlala si j’avais un blog, touuut ce que j’aurais à raconter, c’est ballot. Oui mais j’ai plus de blog.

J’ai. Plus. De. Blog.

Là je me suis sentie tellement légère que j’aurais pu ne jamais revenir. Table rase, reset, reboot, undo, ESCAPE. Peut-être qu’alors tout le monde pourrait oublier qui j’avais été, ce que j’avais fait, ce que j’avais dit à un moment X pour me laisser juste vivre ce que je suis là, maintenant. Ici ou ailleurs, mais juste moi. Plus de fil à la patte, plus de biographie collante exposée aux 4 vents, plus de témoin gênant de mes impudiques étalages.

C’était une parenthèse très agréable et haute en couleurs que vous ne verrez pas. Ou bien certaines lueurs qui perdureront d’une façon ou d’une autre.

Je suis là, j’ai récupéré mes valises et j’ai tout remis en ligne parce que je suis aussi tout ça, avant. Je suis vous (mais je me soigne), je suis toutes ces histoires, ces échanges. Et que je vais avoir besoin de poser quelques mots dans le coin, si ça vous dérange pas. Je vais bien. Et vous ?

Ce blog est évidemment refait à la va-vite. Je vais évidemment prendre le temps de le fignoler, le repeindre, l’enrichir. Et procrastiner.