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Mois : juin 2016

Tombée du ciel

L’info n’est pas de première fraîcheur : j’ai fait du parapente. Il y a un an. Mais j’avais promis de raconter ça ici, dont acte.
Mes souvenirs ne sont donc pas très frais non plus, mais la vidéo rattrapera le coup, mémoire factuelle infaillible, l’an 2000 c’est quand même bath.

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Ça s’est fait quasiment par hasard. Il y a 10 ans déjà, je savais que la possibilité de faire du parapente en fauteuil existait, mais les rares sites qui le proposaient étaient toujours loin de chez moi. Je me disais qu’il faudrait prévoir des vacances dans ces coins, un jour, un jour. Le genre de trucs que tu mets dans une liste, un 1er janvier fatigué (avec « faire du ski » et «arrêter le sarcasme »). Et puis j’ai oublié, c’était pas non plus un life goal.

Un jour une de mes auxiliaires, familière d’un club local de parapente me dit « Tu sais que tu peux en faire si tu veux ? » Oui oui je sais, il existe des fauteuils, et… « Non mais je veux dire on peut t’en faire faire, on en a un au club. » GNÉ ?!
Le lendemain elle revient et me dit « Bon je me suis renseignée, si tu veux tu peux voler dimanche.» Moi j’étais en pleine période fuck-yes à tout, fallait pas me pousser plus que ça ! \o/

J’ai scruté toute la semaine la météo qui s’annonçait houleuse… Samedi, coup de fil « T’es là ? Demain il y aura trop d’orages, c’est mort. Tu peux y aller tout de suite ? » Mais. Je. Aaaah. Sarah avait réservé sa place de caméra-woman-spectatrice (Un peu comme quand j’étais allée interviewer Cindy Sander) (Ouais je name-drope et frime à fond avec son autographe dans mes toilettes. Mais revenons à nos moutons dans le ciel) « Sarah, maintenant, on y va, là, MAINTENANT ? »
Et que roule ma poule vers le bled voisin.

C’était bien.
C’était beaucoup moins casse-cou que je ne craignais.
J’en garde ces grandes respirations que je ne pouvais me retenir de prendre, comme si il fallait emmagasiner l’air de là-haut.
Et puis à peine atterri j’entends « un deuxième ? » Comment, c’est à moi qu’on parle ? Oh ben fuck yes messieurs. (Ben oui une fois que j’étais installée, arnachée, que dis-je, ligotée, autant en profiter).

On passera sur le blanc-poulet de mes gambettes, c’était seulement le début de ma vie en robes..
On passera aussi sur mon premier commentaire « il fait super bon ici » genre « C’est mignon chez vous, vous avez le wifi ? »
Les paysages chatoyants de Pont-saint Vincent, Marron, la vallée de… On fera plus grandiose une prochaine fois.
LA CARESSE SUR LA JOUE à 7.00 que j’avais même pas remarqué dans le feu de l’action + « C’est prenant, moi j’aime bien, donner du plaisir comme ça a des gens c’est génial »
Les commentaires durant le deuxième atterrissage « Mais il aligne pas, aaah la vache ! » que je me réjouis de ne pas avoir entendus. ^^


(Les commentaires incrustés ne sont pas de moi…)

Magie

Je ne saurais pas ou ne voudrais pas dater le jour où j’ai commencé à devenir moi. Grosso modo, ça fait un an. Very happy birthday to me. Mais ces choses-là ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Comme après une naissance il reste à traverser le stade du miroir, les premiers pas, les apprentissages en cascade, des phases de latence, l’adolescence, ton corps change, tu refais le monde…

Un jour j’ai ouvert les yeux et le soleil brillait bizarrement, comme ça, presque pour rien, comme un dingue. Il faisait tellement beau que j’ai enfin vu plein de trucs qui pétillaient de partout, à toute vitesse, comme des années de flou terne à rattraper. Découvrir, goûter, apprendre, plus fort. Plus de temps à perdre. Faire connaissance avec moi. L’été en frénésie douce de tout ça, assommée de facilité. Enthousiasme maniaque. Abondance d’humains, d’idées, de goûts, de sons, d’éclats de rires.

Jusqu’au court-jus. Tu sais, quand t’as les doigts dans la prise, du 220 traverse ton corps, mais t’es incapable de retirer tes doigts. Tu peux juste ressentir la foudre qui te traverse, la laisser ressortir comme elle peut, t’illuminant au passage, en même temps c’était de saison.
De cette période, assez jubilatoire faut l’avouer, j’en garde une image de caisse à savon lancée à pleine vitesse sans frein ni direction. Le vent dans les cheveux, les trépidations de ma machine , et – jusqu’ici tout va bien – jusqu’ici tout va bien – jusqu’ici tout va bien – la conscience aigüe et vaguement inquiète de ne rien contrôler. MOI, ne pas contrôler, je sais pas si vous réalisez. :-)

Il y a 4 mois, un gravier dans mes roulements, j’ai retiré les doigts de la prise. Mais ça non plus ça ne se fait pas tout seul, et le courant continuait à rebondir dans tous les sens en moi. Ola, tout doux. Là, là. On. Se. Calme. T’as atterri dans une botte de paille, personne n’est blessé, pas de quoi en faire tout un foin.

Je réduis le champ, méthodiquement. Je mets une pancarte don’t disturb, et toute seule ou presque, je ramasse et assemble des morceaux, je bâtis tranquillement dans mon bac à sable. Et ça commence à ressembler à quelque chose, dis. À moi, peut-être bien. <3
Je canalise le flux. Moins de tout, mais intense.

Mais quitte à construire, autant bâtir sur des bases saines. Alors je profite de l’énergie fulgurante pour prendre ça au pied de la lettre. Je trie, je range, je lessive, je jette, des trucs qui prenaient la poussière depuis le siècle dernier. Je répare ou finis des tas de trucs procrastinés depuis des lustres.
Extérieur jour : J’épure ma maison, je me débarrasse d’une montagne de superflu (Emmaüs jubile). Je déplace, ré-arrange, redécouvre. Je retape de vieux meubles. Je ponce le vieux, le vernis usé moche, je lave à grande eau, je redonne des couleurs. Je retape même ce blog, ma carcasse, et mille trucs plus ou moins futiles. Table rase. Ça me rend l’esprit incroyablement léger.
Intérieur jour : Assise en tailleur (virtuellement, bon.), je revisite aussi mes tripes. Je me suis mise à la méditation, j’ai eu un mal fou à trouver un interstice pour m’y glisser, mais après, pfiou, cascade de paillettes ! \o/ Là aussi je gratte une fucking couche de vernis moche. Entre moi et moi, ça décape, ça répare, ça dépoussière, ça assainit, ça rafraîchit. Et je me comprends. Épiphanie quasi-quotidienne. Je me racommode. Je rajoute de plus jolies couleurs, mes couleurs, mais je découvre aussi que sous le vernis c’était pas si mal. Le charme doux des veines du bois apparentes.

J’en suis là.
Apaisée.
Ça pétille pas comme dans les premiers temps, un manque peut-être. Mais y a toujours cette boule d’énergie qui tourne en moi comme en cage. Plus d’éparpillement, elle est domptée, canalisée. Mais je ne sais pas encore où la diriger, qu’en faire, et ça commence à me titiller sévère. Parce que des fois je sens bien qu’elle est à l’étroit, et elle ne sort pas toujours sous des formes qui me plaisent, vade retro vieux travers ternes.

Je résume ça sur twitter, que faire de cette énergie ?
Best réponse ever reçue : De la magie.

Quand j’étais gosse je voulais devenir magicienne. Je ne m’intéressais pas du tout à la magie elle-même, je n’en ai aucun souvenir. Mais je crois que le fait qu’un boulot aussi futile existe avec pour seul but mettre des étoiles dans les yeux, ça me paraissait fabuleux. Je voulais aussi traire des chèvres mais ça on va laisser tomber, ‘spèce de mini-hippie.

Ça m’avance pas à grand-chose, finalement, cette réponse, mais je vais essayer de garder ce cap ambitieux.

J'ai piqué cette photo à Johann, oui, mais je revendique ma part de maternité là dessus.

(Mais si t’as des suggestions d’utilisation de cette boule furieuse, je t’écoute, on ne sait jamais)

(Et si tout ça te paraît trop sibyllin, c’est vraiment pas grave, retiens juste que je sais comment je m’appelle, que je vais bien, et que ça va continuer. Et maintenant je vais…)