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Celinextenso Posts

Sans papiers

Samedi, Cragnou m’annonce solennellement qu’elle a eu une idée de génie. « Si on allait à Londres, je suis libre jusqu’au 30 mars ?! » Mais ouiiiiiii faut pas me dire ça deux fois, à moi, je jumpe d’enthousiasme ! Ca fait 15 jours pour nous organiser, faciiiile, j’adore les défis.

Et ce défi là c’est les doigts dans le nez.

Partons en eurostar, c’est pas trop cher. Hum donc ça veut dire ne pas emmener mon lève personne, je dois pouvoir en louer un sur place mais j’ai pas trop de pistes… Ou sinon on y va en voiture ? Ah ben oui ça coûte pas trop cher, ça simplifie tout, hop, ça c’est fait.

Il me faut une assistante, hop, un texto, ça devrait le faire.

Se loger, euh voyons voir. Dans l’idéal j’avais pensé à l’échange de maison, mais en 15 jours, pas possible. Alors le CouchSurfing pourquoi pas ? Le concept m’emballe, je m’inscris, je prospecte… Après examen, peu de gens sont capables de loger correctement 3 personnes, dans un logement accessible à Londres… Alors déçue, je me tourne vers les hotels… Aaaaaargh mais c’est quoi ce délire, 160€ la nuit pour 3, c’est pas tout à fait possible ça. Je désespère un petit peu, puis découvre qu’il y a des Etap Hotel à Londres (en France c’est ma valeur sûre accessibilité / pas trop cher). Pas ce qu’il y a de plus pittoresque, mais on ne fait qu’y dormir, alors parfait !!!

Ce matin, je fais donc le compte rendu de tout ça à Cragnou, ça s’annonce plus que bien, on frétille, on s’emballe, on envisage de réserver quand…

Euh… Tu crois qu’il faut VRAIMENT une carte d’identité valide pour aller là bas ?…

Panique, recherches, panique encore plus, OUI, il la faut VRAIMENT ! La mienne est périmée depuis juste 4 ans. Moi, j’ai dit que j’aimais les défis ?! Non non non, vous devez faire erreur, il ne m’intéresse pas ce défi à la con !!!

Panique toujours, je me mets à courir dans ma tête, je me renseigne en courant, je cherche où faire des photos en courant, je mange en courant, je file en vile : le premier photographe est fermé, le deuxième n’est pas accessible, le troisème, ouf c’est bon, je souris (en fait non) clic clac l’affaire est dans le sac. Je repars en courant à la mairie, donne 3 justificatifs de logement (il n’en fallait qu’un, mais on ne sait jamais ^^), remplis le formulaire en courant, puis verdict : elle arrivera dans 3 ou 4 semaines. Mais naaaaaaaan…… Devant mon désarroi, la dame de la mairie me promet d’écrire « urgent » sur la demande. C’est mignon et dérisoire, je ne crois pas que ça change quelque chose. :-)

Je rentre en courant, cherche un plan B, le passeport éventuellement, j’appelle, on m’annonce 15 jours, un brin mieux… Mais il faut un acte de naissance,bon alors je courrai dans la Meuse demain ! Euh en fait j’ai demandé qu’ils me l’envoient, je verrai si j’ai le courage d’y aller ou pas, pour gagner 24h sur ce précieux timing.

J’avais mis « aller à Londres dans mes résolutions 2011, et vous pourrez constater que je me donne les moyens de les réaliser. ^^

N’empêche, cette course m’a laissée sur les rotules, je suis toute vidée. Alors je vais aller me prendre une petite vodka bien méritée (toute seule, parfaitement !), et je crois que je vais me regarder Welcome ce soir, par solidarité avec mes compagnons de galère qui se font refouler à la frontière par manque de papiers. :-)

Jeudi confession : ces derniers mois, ça n'allait pas. (Aka : Millepertuis saved my life)

Bon ben voilà, la confession est faite, ça n’allait pas, dans le genre vraiment pas quoi.
Maintenant je vais aussi vous confesser que ça commence à aller mieux et développer ce mini-miracle.

Quand l’esprit déprime, il rumine, c’est une chose. Une chose avec ses causes, plutôt bien identifiées dans mon cas. Mais souvent quand l’esprit déprime trop, l’organisme s’y met aussi, pour plus d’harmonie. Alors même quand l’esprit décide que bon maintenant ça suffit tu vas retrouver ta banane, sinon je te fous une pêche dans la poire, ben ça suffit pas, parce que t’es enfoncée dans un brouillard trop épais, dû au mauvais sommeil et au reste. T’as beau savoir ce qu’il faudrait faire pour aller mieux, une chape de plomb t’empêche d’avancer.

Il me fallait un petit électrochoc interne, je le sentais bien. Le redbull c’est bien, si si, j’y puisais une dose d’énergie pour quelques heures mais bon, y a plus sain que de carburer à ça. Le Prozac, j’ai testé une toute petite fois et j’ai beaucoup aimé (!) mais ça me faisait chier aussi de devoir passer par cette autre saloperie.

Alors j’ai cherché un truc gentil et naturel, et j’ai trouvé le millepertuis. Gentil et merveilleux.

Quasi ignoré en France, il faut savoir qu’en Allemagne, c’est le premier anti-dépresseur préscrit, loin devant Prozac et compagnie. Pas fous les Allemands, ils ont étudié le truc et conclu qu’il était aussi efficace que ses homologues chimiques, sur les dépressions légères à modérées, mais sans aucun effet secondaire ni accoutumance !

Voilà voilou, j’ai donc pris mes petites gouttes de millepertuis (en teinture mère, ça se trouve dans certains magasins bio ou en pharmacie, ou bien sûr sur le net) depuis un petit mois, et y a pas photo : ça va mieux ! Dès le début, retour d’une certaine sérénité, et au fil des semaines, énergie qui remonte en flèche !

Voilà ma petite expérience très positive, si vous êtes accro à d’autres pillules du bonheur qui vous enchaînent, réfléchissez au millepertuis ! Et si vous allez bien, ben ne changez rien hein ! ^^

(Attention – Warning – Achtung : le seul point faible de cette plante, c’est que le millepertuis peut baisser l’efficacité d’autres traitements, par exemple si vous prenez la pilulle, ou des médicaments anti-sida ou autres trucs importants, donc avant de foncer, renseignez vous bien, et demandez conseil à un pro, merci !)

En voiture Gainsbarre

J’avais 11 ans, il y a 20 ans tout pile, je revenais de quelques jours passés chez ma grand-mère avec ma copine Amélie. Oui parce qu’en grandissant je m’y ennuyais un peu, alors j’avais le droit d’emmener une copine (bien contente de gagner des nouveaux grands-parents occasionnels).
Ma mère était venue nous chercher, on était donc en route, quelque part entre Meuse et Meurthe-et-Moselle. Mais encore en Meuse je crois.

La radio a annoncé la mort de Gainsbourg, et j’ai en tête l’image très nette de cette radio, avec ma mère à gauche et Amélie à droite (bah oui, pas l’inverse). A 11 ans, je ne sais franchement pas ce que je connaissais de Gainsbourg, j’avais dû voir ce vieux type bizarre et touchant chez Drücker ou Sabatier, sûrement, mes parents ne l’écoutaient pas à la maison, alors pourquoi cette nouvelle m’a scotché ainsi ? Ma mère a dû tempérer la nouvelle en rappelant son mode de vie dissolue… Je crois que ça n’évoquait rien à Amélie.

Enfin voilà, ce souvenir insignifiant pour mon quotidien de môme est resté gravé.
Et un jour, plus grande, j’ai lu « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules« , alors je me suis dit que Delerm était mon jumeau-de-mort-de-chanteur.

La nouvelle en question s’appelle « apprendre une nouvelle en voiture« , la voilà :

« France Inter, il est dix-sept heures, l’heure des informations présentées par… » Un court indicatif musical, et puis : « La nouvelle vient de tomber sur les téléscripteurs : Jacques Brel est mort. »
A cet endroit, l’autoroute descend rapidement dans une vallée sans charme particulier, quelque part entre la sortie d’Évreux et celle de Mantes. On est passé là cent fois, sans autre préoccupation que celle de doubler un poids lourd, de commencer à s’inquiéter de la monnaie pour le péage.

Tout à coup, le paysage est découpé, arrêté sur image. Ça se passe en une fraction de seconde. On sait que la photo est prise. Cette côte à trois voies bien anonyme et grise qui remonte vers la vallée de la Seine prend un caractère, une singularité qu’on ne soupçonnait pas.
Peut-être même le camion Antar rouge et blanc sur la file de droite restera-t-il dans l’image.
C’est comme si on découvrait la réalité d’un lieu qu’on n’avait pas envie de connaître, qu’on associait seulement à un certain ennui, à une légère fatigue, une abstraction morose du trajet.
De Jacques Brel, on avait des tas d’images, des souvenirs d’adolescence liés à des chansons, ce déferlement physique de l’ovation quand il chantait Amsterdam à l’Olympia en 1964. Mais tout cela va disparaître. Le temps va passer. On entendra d’abord beaucoup de chansons de Brel, beaucoup d’hommages.
Puis un peu moins, et jusqu’à presque pas.
Mais chaque fois, le val d’autoroute au moment de la nouvelle reviendra. C’est absurde ou magique, mais on n’y peut rien. La vie fait son film, et le pare-brise de la voiture peut devenir un écran, l’autoradio une caméra. Des bouts de pellicule tournent dans la tête. Mais c’est le voyage qui fait ça aussi, cette fausse familiarité des paysages l’un par l’autre effacés qui un jour se cristallise.
La mort de Jacques Brel est une autoroute à trois voies, avec un gros camion Antar sur la file de droite.

Sexe, amour et handicap (et assistance sexuelle)

Je suis pas friande d’handis en général (à la rigueur, en gratin) mais hier j’ai regardé le documentaire d’Infrarouge « Sexe, Amour et Handicap », parce qu’il y avait mes coupains Isa et Staral dedans (et qu’ils avaient mené une campagne d’intimidation terrible pour que tout le monde le regarde !). Et en fait j’ai plein de choses à en dire. Déjà, il était pas mal. Ton assez juste et libre sur un sujet trop tu. Mais je trouve le titre assez mal choisi, puisqu’il traite à 80% de la question de l’assistance sexuelle aux handis, alors que ça n’est, heureusement, qu’une des situations possibles !

Ah oui, vous pouvez le revoir ici http://www.tagtele.com/videos/voir/68433 (Isa et Staral passent tout à la fin, ils sont choupinous, mais je vous recommande de tout regarder quand même.)
Maintenant, creusons un peu.

 

Les assistants sexuels, je suis pour. J’aurais du mal à être contre, puisque je ne suis déjà pas opposée au principe de la prostitution, dans les cas (pas majoritaires malheureusement) ou elle est pratiquée de façon choisie et saine. Or dans le cas des assistants sexuels, ça me semble très choisi, réfléchi et sain, donc pas de cas de conscience pour moi. Je comprends qu’au niveau législatif, le problème de la prostitution soit plus délicat à encadrer, mais j’espère que ça pourra évoluer et déboucher sur quelque chose.
Parce que je pense que ça peut apporter un réel bien être à ceux qui en expriment le besoin. Par exemple pour pallier à la masturbation quand le handicap la rend impossible. Ou pour reprendre conscience, contact de son corps, dans une sensualité que les manipulations « médicales » ont tendance à étouffer. Pour des gens qui vivent hospitalisés, en centre, et ont très peu de contacts humains hormis leurs soignants, je suppose que ça peut appaiser de grandes tensions et souffrances. Le cas des couples handi-handi me laisse souvent assez perplexe (mais c’est très personnel), mais je comprends qu’une intervention extérieure soit parfois nécessaire pour vivre une sexualité, et que ça soit délicat de demander ça à d’autres personnels non prévus pour ça. (encore que…)

 

Maintenant, sur un point personnel c’est absolument inimaginable que j’y aie recours ! J’ai un peu réfléchi à ça, et voilà mon verdict : Notre quotidien est cerné par des PROFESSIONNELS. Des professionnels pour nous laver, nous habiller, nous nourrir. Des médecins, des kiné, des osthéos, des chirurgiens, des infirmiers… Des professionnels qui vont examiner nos cas, et déterminer quel matériel nous est adapté, combien valent nos vies, quels doivent être nos droits… Alors ma vie sexuelle a beau être désolée / désolante, je dirais qu’il en va de ma dignité de faire rempart, que ce dernier bastion de sexualité / sensualité ne soit pas remis entre les mains d’un PROFESSIONNEL. Dans le doc, ils parlent de ça comme d’un « soin ».
En plus, il me semble que la sexualité ne vaut que dans le cadre d’une relation. Je parle pas d’une relation qui mène au mariage hein, je ne suis pas contre un coup d’un soir, mais même dans ce cas pour moi c’est une relation, une attirance, une désir mutuel, un échange. Prendre du plaisir sans que l’autre ait la moindre envie d’en recevoir, ça me semble d’un chiaaaant…
Je me suis amusée à parler de ma dignité juste au dessus, parce que c’est un mot à la mode, brandi quand ça nous arrange, alors qu’il n’y a rien de plus mouvant et intime que cette histoire de dignité. Je comprends totalement que pour un autre, sa dignité passe par le droit de ressentir un orgasme, why not ? Ce paragraphe n’est donc pas à prendre comme un jugement, mais une situation unique. (comme chaque situation l’est)

 

Bref, je regrette un peu que doc annonce le thème « sexe amour et handicap » et se concentre autant sur l’assistance sexuelle (ce sujet nécessite effectivement d’en parler longuement, mais autant l’annoncer direct). Comme si la privation de sexualité des handicapés était une base acquise, « normale », personne ne pose la question du pourquoi. Ben je vous la pose : pourquoi ?

Vous pouvez sans doute y répondre mieux que moi à propos des peurs que le handicap suscite, de la peur de la différence, du formatage matraqué par la société. Je pourrais aussi parler des handis, formatés par tout ça, qui ne font pas non plus ce qu’il faut, qui n’ont pas appris.
Alors débattre sur l’assistance sexuelle pour pallier à certaines solitudes sexuelles, oui. Mais surtout, sortir les handis de leur cocon, arrêter de leur mitonner des places spéciales, des écoles spéciales, des transports spéciaux, des hébergements spéciaux, des services spéciaux, qui ne font que les contraindre en marge du gros bouillon de la vie. Alors on aura peut-être moins de solitudes sexuelles à gérer.

 

J’aurais voulu vous montrer une vidéo de Lucie Carrasco, styliste et atteinte d’Amyotrophie spinale comme moi, invitée chez Ardisson en janvier (mais elle n’est plus dispo). Elle y racontait (entre autres) sa vie sexuelle espiègle, et quand elle a avoué ne pas avoir toujours été fidèle (elle si peu « normale » elle se paye le luxe de l’infidélité ?!), oh leurs têtes, vous auriez vu leurs têtes, c’était délicieux. Et ce genre de moments fait joliment avancer le schmilblik.

Jeudi confession : Peut-être qu'en fait, je déteste pas complètement les fleurs.

Avant, le végétal je trouvais ça total naze. Et puis quand j’ai pris mon indépendance, on m’a offert quelques plantes vertes. Mouais bon ok, je vais m’en occuper alors.

Hiiiii, mais ça pousse ce truc, c’est vraiment vivant en fait, dément ! Je m’initie à la taille, aux parasites, aux boutures, je trouve ça vraiment fun finalement.

Mais les FLEURS, vous m’avez bien regardé ? C’est d’un kitsch, c’est déjà vu les fleurs, c’est trop « fille », c’est pas pour moi.

Alors depuis que j’ai mon jardin, je me fais plaisir question verdure ! Je peux passer des heures à regarder mon gazon pousser (il ne tient pas une super forme d’ailleurs, je me fais un peu de souci pour lui), surveiller les nouvelles feuilles surgies, mesurer leur croissance en prenant le grillage comme toise… Si vous saviez, c’est trop bien, depuis 3 jours j’ai un arbuste qui sort des bourgeons, je suis trop émue, c’est le printemps, je surveille son évolution heure après heure.

Et puis j’en profite pour jouir d’un autre avantage du règne végétal : une petite graine, et hop, j’ai de la nourriture gratos ! C’est trop magique ça aussi, bettes, oseille, haricots, pastèques, courges, tomates, épinards, poivrons… (Oui mon potager fait 3m² mais faut savoir exploiter l’espace ^^)

Mais des FLEURS, franchement… Bon, ma mère m’a donné quelques plants, alors je les ai mis en terre bien sûr. J’ai évité les fleurs trop clichés, et elles ont poussé, bon an mal an. Et puis chez Botanic je me suis laissée tenter par quelques plants, oh des truc un peu originaux, c’est pas vraiment pour les fleurs. Bon, un dahlia c’est vrai, mais c’est juste parce que les feuilles sont noires, c’était marrant. Et un Oxalis triangularis, petites fleurs parmes, certes, mais surtout un feuillage mauve et triangulaire, cool non ? Mais c’est tout, je vous jure.

Et voilà, c’est fichu. Hier j’ai tapé « premières fleurs printemps » dans google, tellement je suis impatiente que mon jardin s’anime à nouveau…

Rien.

La palme de questions sociales gentilles qui me tuent en ce moment revient à

« Alors qu’est-ce que tu deviens ?! » Ben… RIEN.

Dernier traumatisme en date : je rencontre une fille qui était avec moi en primaire, pas revue depuis. Elle me présente ses deux enfants puis vient le fatal « Alors, à toi, qu’est-ce que tu deviens ? » Alors euh, « rien » ça se dit pas trop non. ‘rien » non plus. Euuuuh, vite, dire quelque chose. « Moi ben j’habite juste à côté ! »
Pa-thé-tique.

« Alors, qu’est ce que tu fais de tes journées en ce moment ?! » Ben… RIEN.

La question est encore pire parce que plus concrête, tu peux pas fuir. Je regarde la télé c’est pas valable. Je dors je mange et je bois du cappucino non plus.
Donc finalement je bredouille « ben en ce moment pas grand chose » que je pourrais, c’est vrai, réduire à RIEN.

Face à ça, différentes stratégies s’offrent à moi

– Pousser un hurlement strident, me boucher les oreilles et balancer ma tête contre un mur (ça j’évite)
– Eviter au maximum les gens susceptibles de m’asséner ce genre de questions, même si ils sont cool par ailleurs. (ça je fais)
– Devenir quelqu’un / quelque chose, faire quelque chose de mes journées (ça mérite réflexion)

Incompétence vs Patience

Le handicap, dans ma situation, bon c’est devenu une petite routine tout à fait gérable. Mais c’est dans des situations un peu annexes que ça peut devenir über-lourdingue. Exemple.

AVERTISSEMENT : la longueur de ce mail est proportionnelle à mes déboires

J’ai besoin de changer de position durant la nuit (vous aussi, jusque là rien d’extraordinaire), et pour ça j’ai un matelas « un peu » (très) spécial, avec un compresseur, des poches d’air, qui permettent de me mettre sur le côté, à l’aide d’une télécommande. Bref. Ce matelas qui me convient parfaitement n’est plus fabriqué, donc quasiment plus réparable (?), et il n’existe pas d’équivalent. Puisqu’il donne des signes de faiblesse depuis 2 ans, j’ai mis mon revendeur de matériel sur le coup.
« Ah ça n’existe plus du tout. C’est pas grave, on va adapter des contacteurs sur un autre type de matelas, on va t’en bricoler un, tu verras. Je te rappelle dès qu’on a fait ça. »
Oui parce que tu es handicapée, donc on te tutoie. (il m’a connu à 20 ans, pas gosse, donc pas d’excuse) Et bien sûr ils ne rappellent jamais, c’est à toi de les harceler pour avoir des news. Deux ou trois essayages de leur bricolage qui ne convient pas du tout, et je sens leurs ambitions et motivations flancher. Sont pas ingénieurs en même temps, à chacun son job. En plus, le jeune stagiaire technico-commercial à qui ils avaient confié cette tâche (non vous ne rêvez pas) a fini son stage chez eux alors ils sont tout perdus, et lâchent l’affaire.

1er septembre 2010 : Mon matelas flanche VRAIMENT. Il marche encore mais à moitié, c’est à dire côté gauche, ou côté droit, mais pas les deux en une seule nuit. J’arrive encore à dormir, mais sommeil moins bon et plus de douleurs. Je les appelle donc et décrête l’état d’urgence, trouvez moi quelque chose RAPIDEMENT ! « Ah oui oui, on a une nouvelle idée pour bricoler quelque chose, je t’oublie pas, j’attends juste de recevoir une pièce et je te rappelle !« 

Fin septembre, je fais mes recherches, et finis par trouver un lit médicalisé qui semble avoir les fonctions que je recherche. Je les appelle donc, reprenant espoir. « Ah oui effectivement, je connais ce lit, mais je pensais que tu voulais un matelas seulement« . Mais je veux pouvoir me retourner la nuit, qu’importe le moyen, merde ! « Alors tu veux l’essayer ? » Ben oui, et VITE. Ils font donc la demande au fabricant.

Début Novembre : on vient enfin m’amener ce lit magique à l’essai, et c’est un grand moment que je vis. Il sont à 4, m’envahissent littéralement. La porte est un peu petite pour passer le lit, alors la dame préfèrerait le passer par la porte-fenêtre, qui donne sur mon jardin CLOS. « Ah, c’est peut-être pas faisable, hein, de découper votre grillage ?« . NON effectivement. Et déterrer ma haie non plus, ce n’est pas faisable, merci ! Je soulève alors un problème qui me semblait naturel « Hum, si la porte d’entrée pose problème, ca va aller pour l’amener à ma chambre ? » La dame ne jette même pas un regard au couloir en question, rigole un coup et me dit « Ah non on va pas se compliquer les choses hein, ça l’est déjà assez ! » Ah…. Donc on opte pour me mettre un gros lit médicalisé dans le salon ?… Ah ben soit. On m’a pas trop demandé mon avis hein. Ca l’amuse même bien, la dame, « Ah ah, et puis vous pourrez inviter des gens à dormir ! » Oui, mais pas à manger, puisqu’il n’y a plus de place à table, et que je peux à peine rentrer dans la pièce. Zen. Disons que ça n’est que pour une semaine de prêt. Je vous passe énormément de problèmes techniques, résolus par des bricolages peu engageants, puis vient LE gag.

Après plus d’une heure d’installation, au moment de tester le lit, on me présente d’énormes boutons bien trop durs pour mes petits doigts, impossible de l’utiliser. Tout ça, pour rien. La dame ne lâche pas le morceau pour autant, elle veut m’installer un genre de tablette pour poser la télécommande dessus, c’est sûûûr que j’y arriverais mieux. « Non madame, je vous assure que ça ne changera rien, je connais mes capacités » « Ah oui oui, bien sûr, vous savez… Et sinon vous avez plus de force dans la bouche éventuellement ?« … HEIN ?! Non mais trouvez moi juste des boutons normaux, j’ai toujours utilisé des télécommandes, on va pas me mettre une commande à la BOUCHE !

C’est un des jours de ma vie ou je me suis sentie le plus handicapée, sincèrement. (Parce que je vous ai épargné de nombreux épisodes sur le même thème. Comment médicaliser/problématiser ta vie toute cool en un claquement de doigts)

Bref, la dame me promet qu’elle fait envoyer dès ce soir d’autres boutons, plus faciles (scpeticisme), je les aurai dans ma boîte aux lettres demain, je garde donc quand même le lit.

24 novembre : Après moult appels et rappels, il s’avère qu’ils ne trouvent pas d’autres boutons (!) alors ils viennent reprendre le lit (parce que, c’est peut-être pas pratique pour vous qu’il y ait ça dans votre salon ?), et m’en livreront un autre la première semaine de décembre ! Ouf, double soulagement, je peux reprendre possession de ma pièce, après un mois d’occupation intuile…

Hier matin (deux mois après la date prévue, ça vous étonne ? Moi plus du tout), on vient me livrer le lit. J’insiste pour l’avoir dans ma chambre, puisque je peux éventuellement le garder un moment, victoire. Il manque des vis (!) et des bouts de matelas (oui, oui…), alors les gars repartent en me disant « Ecoute, ne t’inquiète pas, on repasse dans la journée » (me demander si j’ai prévu d’être chez moi ? naaan). Je dois ensuite les rappeler pour leur dire que les roulettes du lève-personne (indispensable pour me porter) ne passent pas sous le lit, qu’il faudrait le surélever avec des cales (un lit sur roues, mais bon, soit). 15 heures, les gars reviennent, et me disent « ah oui on m’a appelé pour me dire qu’il y aurait besoin de cales… Mais bon j’ai rien moi. Enfin j’ai de la mousse, on va faire des cales en mousse. » Des cales en mousse. Quelle merveilleuse idée. « Mais la mousse va s’écraser… Non ?… » « Oui, bien sûr, mais on va garder une petite épaisseur, on va essayer !« … 30 cm de mousse sous chaque roue, qui en donne à peine 1cm une fois ecrasé, mais effectivement, ça passe juste. Le gars est tellement fier de lui, et repart.

Une heure plus tard, je retente et EVIDEMMENT ça ne passe plus. Je rappelle vite avant le fatidique vendredi soir ! D’autres gars reviennent donc à 18h, avec des cales de bois, totalement hilares à l’idée de la connerie de leur collègue, et prennent en photo les pseudo cales écrasées sous les roues (je regrette de ne pas l’avoir fait aussi !) et corrigent le tir. Ouf.

Alors voilà. Cette nuit j’ai testé le lit tant attendu, et, oh merveille, je crois bien qu’il va me convenir. Aurait-on enfin trouvé une solution de remplacement valable ? Gros soulagement.

Mais ce qui me pousse à vous raconter tout ça c’est que… Ce matin, je me réveille en douceur, et savoure la chance de pouvoir me retourner dans mon lit et… clic… clic… clic…

Le lit est juste en panne.

Et je me trouve tellement philosophe, ça me fait presque rire, pas vous ? :-)

(PS amusant : ce lit coûte 15 000€, non je n’ai pas fait de faute de frappe, alors on pourrait espérer qu’à ce prix là, il marche un peu plus qu’une nuit. Notez aussi comme ils ne se bougent pas plus pour me fourguer un lit aussi « rentable »…)

L’incompétence – Lynda Lemay

EDIT (ils lisent mon blog ou quoi ?)

Lundi matin, je leur laisse un message pour signaler la panne. Ils me rappellent. Ils m’informe que quelqu’un passera à midi et me demandent si je serai là ! Le gars vient, constate de plus près, et repart bredouille.
Ce matin, ILS ME RAPPELLENT (j’ai dû rêver, c’est trop irréel), m’envoient un autre type à 14h, me re-demandent si l’horaire me convient. Le gars arrive, et je l’adopte comme technicien exclusif : compétent (mon lit remarche, c’était un problème de tige déviée qui appuyait sur un capteur), il écoute ce que je dis, le prend en compte, et m’explique ce qu’il fait / comment ça marche, sans me prendre pour une conne !

OUF. Jusqu’à la prochaine fois, bien sûr. :-)

Jeudi confession : J'ai pas pleuré à la fin de la série 6 feet under

Je suis donc sans coeur, CQFD.

Bon voilà, je suis pas fan de séries à la base, mais puisqu’on m’a offert l’intégrale, j’y ai goûté et ai succombé, je le reconnais. 5 saisons avalées en 18 jours, comme un film de 60h. Alors forcément, on s’attache et on appréhende la fin. Deux épisodes avant l’échéance, je suis assomée, lessivée (bon je rentre pas dans les détails pour ceux qui n’auraient pas encore goûté à cette petite merveille), et je me dis que si ça continue à ce rythme émotionnel, la fin va me pousser droit au suicide, je regrette presque d’avoir mis le nez là dedans, commence à dire adieu à mes peluches préférées…

Et puis finalement non. La scène finale est d’une infinie douceur, sèche mes larmes passées, me laisse totalement sereine.

Je vais donc partager ça et Cragnou me dit « C’est horriiiible hein la fin, t’as pleuré tout ton coeur ?! »… Euh… Quoi donc ? Tu parles de QUELLE fin là ?… Comment pleurer ? On te montre que des images de bonheur futur, on te rassure sur l’avenir des perso ! « Mais attends, ils vont MOURIR après ! » Alors oui, effectivement, j’avais zappé ce petit détail, mais on voit l’un mourir à 85 ans, l’autre à 73, et elle là, à 102 ans putain, c’est une bonne nouvelle, pas une mauvaise ! 😀

Alors je suis allée fouiner sur les forum (histoire de ne pas rester sur cette belle sérénité ^^), et effectivement, 90% des gens ont trouvé la fin triste à chialer.

Je trouve ça hallucinant et triste à chialer (deuz, oui), de s’effondrer en « apprenant » que les gens meurent à la fin de leur vie. Ohé, on vous l’avait pas dit ? En cours d’histoire vous avez dû passer des heures atroces à pleurer tous ces gens morts ! :-) Oui, Jean Moulin est mort, lui aussi, oui.

Je n’ai vu qu’une seule info : ils auront de vrais bouts de bonheur, ensemble. La mort, après ça, ne peut pas être triste. Je ne comprends pas.

Sinon #jeudiconfession c’est une tradition conceptuelle sur twitter, tous les jeudi. Je me dis que si j’en fais une catégorie sur ce blog, à développer en plus de 140 caractères, ça me forcera à poster au moins une fois par semaine ! ^^ (quand j’aurai laissé tomber le rythme quotidien)

Valérie Damidot fait les poubelles (exclu !)

Phase 1 : Matériel de base.poup

A noël, Sarah m’offre un sticker mural de poupées russes. Bonne idée ma foi, elles sont grises puisque mon salon est vaguement axé gris + rouge. Reste à savoir quoi en faire. En bas du mur ? Plus haut ? Tiens je pourrais les mettre en valeur avec une petite étagère ou dans un cadre, rouge de préférence… Ouais, à mûrir.

Phase 2 : Faire les poubelles.

Ou plus softement « visiter mon local à poubelles » que certains de mes voisins ont tendance à considérer comme un dépotoir / garde-meuble / vide-grenier, ainsi on peut y trouver une machine à laver, un salon de jardin, des étagères, un fauteuil de bureau, une bascule pour enfant, une table à repasser, des coupes à champagne… Parfois HS, parfois pas du tout. Et bien sûr personne ne viendra enlever ça alors ça s’accumule !

Tant pis ou tant mieux, j’y fais mon marché.

Ce jour-là, c’était mon anniversaire et les voisins m’ont fait un beau cadeau ! Je suis rentrée chez moi (aussi discrètement que possible mais le bazar était imposant) avec une superbe peinture champêtre représentant une scène au bord d’un moulin. Mais le but était bien sûr de désolidariser la peinture du cadre : genre vieux, avec dorures et liseré de velours rouge !!! Quelques petits clous plus tard c’était fait ! (la peinture est aujourd’hui dans mon cagibi, et quand me viendra l’inspiration divine pour la customiser comme il faut, elle aura peut-être le droit d’être exposée dans mes toilettes)

Phase 3 : Maturation et finalisation

Je vous épargne les 3 semaines de questionnement du genre : Les 6 poupées russes ne rentrent pas dans le cadre, que faire des autres ? En bas ou au milieu du cadre ? De gauche à droite ou de droite à gauche ? Ficelle du cadre ou pas ficelle ? …

Voilà juste le résultat :

poupcadre1

Et la petite dernière

pouplivres

Le nez dans le moteur

Oups pardon, j’ai du cambouis un peu partout, c’est que j’essaye de remettre ce blog en état. J’ai réparé quelques liens cassés (flux rss dans l’entête), ébauché une liste de liens (très provisoire mais c’est pour donner un peu de forme à tout ça), supprimé deux trois trucs inutiles, rajoutés deux ou trois trucs (parfois inutiles) comme une case à cocher pour être notifié des commentaires suivant le vôtre, un bouton pour retweeter mes posts ou les partager sur facebook, un bouton like pour vos commentaires, une newsletter (enfin un truc pour être notifiés par mail des prochains articles quoi)…

Le plus amusant c’est que j’y connais pas grand chose, donc je demande l’avis de google, je remplace dans le CSS un mot que je connais pas par un autre mot que je connais pas (et même, ça marche), je passe mon site en « php5 » en écrivant tout naturelement « php 1 » (mais google m’a dit… et oui, ça marche) (et non, je ne sais pas ce que c’est php5). Je fais des coupes un peu hasardeuses dans le CSS genre « je coupe avant « class=clear » ou après ? Oh ça a pas l’air de servir à grand chose, je vais l’enlever ».

Donc voilà, ça ne me semble pas encore trop cassé, mais si vous voyez un truc qui ne marche pas, n’hésitez pas, je le prendrais pas mal et je préfèrerais le savoir.

Et puis tant qu’on y est, si il y a quelque chose qui vous fait mal aux yeux, qui vous semble pas pratique, je prends aussi. Ou quelque chose que vous aimeriez pouvoir voir/faire. Ou si vous connaissez des plugins sympas.

A vous les studios.