Le 18 sept. Vrac
C’est marrant, je pensais qu’en vieillissant on apprenait à être plus forts, à mieux réagir en fonction de nos échecs, victoires, blessures, leçons… C’est vrai, en partie. Mais le problème c’est que chaque échec, victoire, blessure, leçon, laisse aussi une trace plus ou moins discrète, profonde, durable. Une cicatrice, une fissure.
Pour faire plus court, ce qui ne nous tue pas nous rend à la fois plus forts et plus fragiles.
Pendant plus de 25 ans, je n’ai pleuré devant personne, ça me semblait le summum de l’intime. Faut dire que c’était pas dur, je pleurais 2 ou 3 fois par an. Le soir dans mon lit, quand trop de fatigue/énervement souvent. Un dodo et ça repart.
Inimagineable pour moi de pleurer devant un film. Pleurer de joie, alors là ça me dépassait vraiment. Je n’étais pas insensible, loin de là, tout me touchait, je connaissais joies et tristesses intenses, mais sèches.
Depuis 5 ans, il y a eu des coups, accrocs, déceptions, douleurs. Douces, violentes.
Et quand ça ne va pas, pleurer devant un humain m’indiffère totalement, finalement. Et en ce moment j’ai de bonnes raisons de chialer, alors je m’y adonne intensément, parce que j’ai pas vraiment le choix. Mais je trouve ça tellement nul ! Pas socialement, ni psychologiquement, pas en tant que faiblesse et tout, ça je l’ai dit, je m’en fous.
Mais sans déc, ça sert à quoi de pleurer ? La poète disait quelque chose comme « Ne retiens pas tes larmes laisse aller ton chagrin, ne retiens pas tes larmes, pleurer ça fait du bien ». Et ben QUE TCHI ! Des queues de cerises ouais ! Ca fait absolument pas de bien. Après avoir pleuré je suis juste encore plus fatiguée, donc down, donc encore plus envie de pleurer.
J’ai lu récemment que dans les larmes, il y aurait des protéines (Et ? Ca veut dire qu’il faudrait les boire, comme un petit remontant ?) et des hormones antalgiques (Mais si on les évacue, ça sert qu’à calmer la douleur des joues non ?). Bref, moi je suis super sceptique.
Mais il y a un truc marrant qui accompagne mes grosses chiales, c’est les petites chiales !
Ben oui ça y est, je verse ma larme pour un film, une chanson, un cadeau, une naissance, un mot, un brin d’herbe. Pas de tristesse. Juste, ça coule. Je ne suis pas plus émue qu’avant, juste fissurée. Alors ça coule, ça fuit, ça suinte, ça déborde. Je suis incontinente du globe occulaire, je contrôle plus bien.
Et je trouve ça assez drôle, je ne sais pas pourquoi mais je me visualise en vieille pleureuse, dans quelques décénnies. Je vois toute la famille s’amuser à me faire pleurer, et y arriver tellement facilement, les enfoirés. :-)
Thomas Fersen – Ne pleure plus
J’ai failli interrompre cet article en tombant sur ce très proche écrit presque synchro de Daria Marx !…

Tu n’as pas à pleurer
La vie est belle
Laisse tes pas s’éclairer
Par les signes du soleil
Écris-moi sans parler
L’écriture est merveille
Peut importe le muet
Car pour moi c’est pareil
Si tu peux me parler
De ce monde sans mépris
Je verrai dans l’écrit
Le bonheur s’écouler
Tu n’as pas à pleurer
Ton message est compris
Ecris-moi et décris
Ton destin éclairé
Omar KOUSSIH
La vie est belle, oui, on a pas a pleurer, peut-être, mais en a un peu le droit, quand même…
Je pense à toi Faouzia, je t’embrasse…
Un truc pour se rasséréner, qui n’est pas de moi, largement hors sujet, mais que j’aime bien : « Et elle est pas belle, la vie ?, comme diraient tous les cons qui l’ont vraisemblablement entendu à la télé.
En fait, elle n’est pas belle du tout; c’est une vie de merde dans un monde de merde. Sans le moindre espoir.
Et, de toute manière, l’homme ne vaut même pas le chien qui l’accompagne parfois, ou le cheval qu’il lui arrive de manger. N’attendez rien. Hugh. »
Bises — positivement positives.
Ah ben non, moi j’ai la chiale mais je continue de penser que la vie est belle et prometteuse.
Et ça me dérange pas forcément de manger du cheval. ;-)
Je ne pleure vraiment pas beaucoup (j’suis un mec, hein !) mais je ne sais pas si c’est bien mieux. C’est plutôt une habitude culturelle-sans doute-mais il m’est arrivé une fois, à presque 30 ans (j’en ai presque 50)d’avoir lâché une grosse-grosse crise de larmes. Heureusement qu’il n’y avait qu’un seul témoin. J’en avais la méga-honte car il n’y avait pas de drame derrière ces larmes (Oooooh, ça rime !). Voilà ma contribution inutile au sujet que je ne maitrise pas beaucoup, en fait.
Je pense que ça n’est ni mieux ni moins bien, de ne pas pleurer, c’est un type de « défense » qui ne se décide pas. Par contre ce qui est dommage c’est de lutter contre, en avoir honte…
Mais je veux bien croire que c’est gênant quand le flux n’est pas proportionnel au drame :-)
C’est ça le problème…est-ce que ça en vaut la peine ?
Vois les choses de façon positive : tu pleures, donc bye bye les ulcères ! …
Hein ? Ca protège de quel genre d’ulcères ? :-)
Oh Céline. Je ne saurai pas forcément trouver les bons mots. Mais je me suis aussi surprise à pleurer pour rien ou presque depuis quelques mois, avant même la mort de mon père.
Un truc qui me touche, une dispute, une émotion trop forte tout simplement, et ca brille dans les yeux, ca coule sur les joues
Parfois, j’essaie de retenir, de bloquer. Mais finalement, même si ca me fatigue beaucoup et que je me sens pas forcément mieux après, c’est aussi bien de vider mon sac.
Je sais que sur toi, ca ne fait pas le meme effet. Parce ca a forcément une incidence sur ta force physique.
Cela dit, comme disait qqun plus haut, ca t’évite les ulcères, tu évacue l’émotion, qu’elle soit positive ou pas. Et ca te rend sans doute plus humaine aux yeux des gens qui te voient pleurer.
Ca a changé la vision de ma Belle sur moi, et la vision de ma famille aussi quand ils m’ont vue à l’enterrement de mon père.
Alors c’est pas agréable, ca sert à rien en soi. Mais c’est aussi bien que de tout garder pr soi.
Et puis, si ca te prend et que tu ne sais plus t’arreter, parle, écris. Ca soulage, réellement.
Je t’eùbrasse.
Ah bon toi aussi t’es au courant de ces histoires d’ulcère alors ?! :-)
Oui, ça peut changer le regard des autres, mais qu’est ce que je vais faire, moi, sans ma réputation de carapace, hein ? ^^ Je trouve ça un peu triste que les larmes soient une preuve d’émotion aux yeux du monde… C’est loin d’être la seule ni la plus juste.
Justement à l’enterrement, j’étais contente d’être pas mal planquée, parce que mes ruisseaux de larmes, avant même le début, face à l’accueil digne, souriant de ses proches « légitime », ben j’avais un peu envie de leur dire « oh faites pas gaffe à ça, j’ai juste chopé la chiale ».
Contre la déprime et le déluge lacrymal, je te conseille une bonne recette : mange un écureuil !
Je te donne la recette de l’écureuil à la mangue et au miel.
Pour une personne :
Prendre un écureuil bien dodu (au début de l’automne, avant l’hivernation).
Enlever la peau et les viscères. Conserver les abats.
Faire revenir l’animal à feu doux dans de l’huile d’olive et des herbes de Provence. Saler et poivrer.
Dans une casserole, faire un chinois avec un peu de beurre, un poil de farine et une mangue entière. Rajouter progressivement deux cuillères à soupe de miel. Poivrer abondamment pour apporter un contraste. Ajouter une pincée de cannelle et de muscade. Laisser caraméliser. Terminer avec une cuillère à café de cognac.
Une fois que l’écureuil est doré, ajouter la sauce caramélisée. Servir très chaud avec du riz ou une purée de pomme de terre.
Voilà…
C’est vraiment n’importe quoi, je note l’astuce, merci ^^
À lui seul, ton titre est déjà tout un programme !
La chiale ! presque comme une maladie honteuse… Et en tout cas un truc qui ne peut rien apporter de bon…
Quand j’étais enfant, que je disais : « j’ai faim ! », Ma mère répondait : « c’est une bonne maladie ! ».
Je dirai un peu pareil : la chiale : une bonne maladie !
Ça sert à quoi ?
Si tu es novice en matière de chiale… Le temps t’enseignera à quoi ça sert !
Personnellement, j’ai chopé la chiale assez tardivement également. C’est bien connu, les gens dans notre état ont l’obligation de se montrer fort en toutes circonstances ! Pleurer c’est caca ! Encore qu’en tant que femme tu aies des circonstances atténuantes. mais, un mec, ne pleure pas comme une fillette !
Depuis que j’ai chopé la chiale, (cela doit remonter à 25/30 ans), je me porte beaucoup mieux, à tous points de vue ! Je suis devenu plus humain, plus sensible, plus accueillant de mes émotions diverses, plus présents aux autres, et quelques autres choses bienfaisantes encore…
Un dernier truc : au début c’est parfois pleurs à tous les étages. Un peu débordant quoi ! Mais peu à peu cela se régule.
Le pire serait de se durcir à nouveau, en ajoutant des couches à l’épaisseur du blindage… Qui finira toujours par exploser un jour !
Et c’est vrai que ça évite les ulcères !
Et quelles autres désagréments aussi…
Mais c’est fou cette histoire d’ulcère, tout le monde semble au courant sauf moi ^^
Bon, si ça se régule et qu’on apprend à y trouver une utilité, ça devrait devenir plus gérable alors, tant mieux !
Mais le titre, au contraire, je voyais ça comme dédramatisant. Pour moi ça sonnait comme « j’ai chopé un rhume » ou « j’ai chopé des boutons », alors qu’on ne dit pas « j’ai chopé un cancer » ou autre truc dramatique avec un ton léger…
J’ai chopé la chiale y pas si longtemps moi aussi. Tu ne vois pas dans l’immédiat du réconfort parce que t’as pas encore assez chialé. Parfois c’est long à vider des années et des années de larmes contenues. C’est sûr c’est flippant!; Merde qu’est-ce qui m’arrive ? Je deviens quoi là ? ça va se réguler tu vas voir, même si tu vas garder une petite sensibilité que tu pensais ne pas avoir avant. Tu vas certainement continuer à pleurer devant de simples gestes. Et tant mieux ! les larmes existent c’est pas pour rien ! Attention c’était la grande phrase du jour ! ha ha
« c’est pas pour rien » mais c’est donc pour QUOIIII ? ^^ (à part les ulcères quoi)
Bon, si toi aussi tu penses que ça se régulera un peu tant mieux. Même si les petits pleurs à tout bout de champ ça me fait marrer plus qu’autre chose. Et oui, je suis convaincue que je vais garder ces coups de larmes impromptus…
Par contre, vraiment, je ne me sens pas plus sensible sous prétexte que je pleure. Enfin globalement en ce moment si, bien sûr, mais je parle des petits pleurs pour un rien. Ces mêmes choses me touchaient déjà avant, seulement c’est mon système lacrymal qui est devenu plus sensible. Je reste persuadée qu’on peut avoir d’immenses joies et tristesse sans verser des torrents pour autant, c’est pas le seul symptôme de l’émotion, heureusement.
Attention, y’a pleurs et pleurs (seconde phrase du jour !). Quand j’ai perdu une amie il y a plusieurs année, j’ai une assez longue période où je pleurais souvent, d’incompréhension (elle s’est suicidée), de tristesse, de rage aussi. Ca venait quand j’évoquais un souvenir, quand un détail me ramenait à ce décès. Avec les années, j’ai aussi attrapé la « larmette » facile, pour un film ou n’importe quoi. Mais quand j’ai plongé l’hiver dernier, ça n’avait rien à voir avec tout ça ; il y a eu comme un barrage qui s’est rompu, et tout est sorti sans plus aucun contrôle. Je pleurais toute la journée, sans raison, je ne comprenais pas et ça ne me faisait pas du bien. Le jour où les pleurs silencieux se sont transformés en râles entrecoupés de sanglots, j’ai compris que j’étais très mal. Un mois plus tard, j’étais sous AD…
Alors les pleurs, ça peut être l’expression de beaucoup de choses. Faut savoir s’écouter, et tenter de comprendre ce qui se passe en nous.
PS : en ce qui me concerne, déluge assuré devant la « petite maison dans la prairie ». Peux pas m’en empêcher, c’est plus fort que moi !! ^^
Oui oui, je connais ces différents pleurs aussi.
Il y a les gros pleurs, identifiés, pour Claire, que le temps devra sécher.
Il y a les petits pleurs que je dirai « de ponctuation » qui me surprennent et m’amusent grandement ^^
Et il y a les autres gros pleurs qui ne servent vraiment à rien, juste à dire « alerte », sans forcément comprendre pourquoi. C’est ceux là qui m’ont fait prendre du millepertuis l’hiver dernier par exemple. Là ce n’est pas vraiment ça.